"Vous décidez si un commerce peut s’installer, si une entreprise peut s’agrandir, si une zone d’activité reste accessible, si l’on crée ou rénove des logements vacants pour accueillir de futurs employés". S’adressant aux candidats aux élections municipales qui se déroulent le 15 et le 22 mars, le président de la CPME Amir Reza-Tofighi les appelle à prendre en compte les préoccupations des entrepreneurs durant les six années que vont durer leurs prochains mandats. "Les élus locaux doivent être les partenaires stratégiques des entrepreneurs et du développement territorial", appuie le représentant patronal, pour qui "rien ne se fera sans les entrepreneurs".
91 propositions
Pour les municipales, les chefs d’entreprise adhérant à la CPME se sont montrés prolixes. Ils ont formulé pas moins de 2 500 doléances sur la plateforme de contribution mise en place en décembre par le syndicat patronal. Les remontées du terrain ont nourri 91 propositions, assorties d’une charte de 10 engagements. Le syndicat patronal invite les candidats aux élections municipales à signer cette charte, les engageant à se soucier du développement économique et des TPE PME de leur territoire.
Une charte d’engagement
"Nous voulons instaurer une relation dans la durée entre les PME et les élus du territoire", explique Xavier Douais, vice-président de la CPME, en charge de la relation avec les élus locaux. Pour cela, la CPME demande aux futurs élus municipaux et communautaires d’instaurer une concertation avec des représentants des entreprises avant toute décision ayant un impact sur l’activité économique. Cela peut porter sur la création d’une zone d’activité, mais aussi sur des travaux de voirie, le stationnement, la circulation, qui peuvent impacter l’activité des entreprises, notamment des commerçants. Le syndicat patronal prône aussi la création d’une commission "TPE PME" réunissant élus et acteurs économiques ainsi que la désignation d’un référent "entreprises" en mairie, chargé de centraliser et simplifier les démarches administratives.
Une fiscalité stable
Sur le fond, la CPME attend des candidats des actions en faveur du développement économique des territoires. Cela passe pour elle par une stabilité fiscale au niveau local sur la durée du mandat et des allégements de taxes pour les commerçants de proximité et les entreprises qui recyclent leurs déchets. Autre attente du syndicat patronal : la redynamisation des commerces de centre-ville, avec notamment la création de foncières permettant aux collectivités de prendre en main leur politique en la matière.
Agir sur la commande publique
Enfin, le syndicat patronal attend des futurs conseils municipaux qu’ils fassent grandir les TPE et PME du territoire. La CPME demande pour cela des marchés publics accessibles aux petites structures, ce qui sous-entend le recours de marchés gré à gré, l’allotissement et l’intégration de critères sociaux et environnementaux favorisant les entreprises locales. Autre attente : le respect d’un délai de paiement à 30 jours.
Toujours dans cet objectif de faire grandir les PME du territoire, la CPME demande aux élus de favoriser le recrutement des entreprises à travers des politiques de logement, de mobilité et de petite enfance. "Il faut lever les freins à l’accueil des salariés. Il faut par exemple non seulement rendre l’offre de crèche compatible avec les horaires de travail mais aussi favoriser l’accueil dans ces structures des enfants des personnes qui travaillent", illustre ainsi Xavier Douais.
La charte d’engagements de la CPME est disponible en ligne.