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Municipales 2026 : la CPME 13 "lance un cri d'alarme" aux futurs maires
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Municipales 2026 : la CPME 13 "lance un cri d'alarme" aux futurs maires

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En cet entre-deux tours des municipales, la CPME 13 alerte sur la situation critique des entreprises locales ainsi que sur un sentiment de déconnexion avec les élus. Elle appelle à des mesures urgentes et propose une charte d'engagement aux candidats, peu signée à ce stade.

La vice-présidente de la CPME 13 Nicole Richard-Vespieren (deuxième en partant de la gauche), entourée des entrepreneurs élus David Atencia, Sylvie Plunian, Geoffrey Compte et Luc Mengual — Photo : Audrey Savournin

À trois jours du second tour des élections municipales, la CPME des Bouches-du-Rhône se rappelle au bon souvenir des différents candidats. "Notre présidente Corinne Innesti est en retrait puisqu'elle est sur une liste, c'est le cas aussi de nombre de nos adhérents, mais ce n'est pas pour ça que nous n'existons pas", insiste Nicole Richard-Vespieren, vice-présidente du syndicat patronal départemental. Dans un contexte économique "en zone rouge", la CPME 13 "lance un cri d'alarme", en s'appuyant sur les résultats de sa dernière enquête, réalisée auprès d'un panel d'adhérents entre le 23 février et le 18 mars dernier 2026.

Un sentiment de "déconnexion politique totale"

D'après ce baromètre, 54 % des répondants estiment que leur entreprise est dans une situation fragile ou critique, plus de 74 % décrivent une trésorerie sous tension ou critique et plus de 66 % ne projettent pas d'investir dans les six prochains mois. Une situation imputée aux contextes national et international défavorables, mais aussi, localement, à une "déconnexion politique totale". Car près de 61 % des dirigeants interrogés considèrent que les élus ne prennent pas en compte leurs réalités, alors même qu'ils sont 64 % à penser que les décisions municipales ont un impact fort ou modéré sur leur activité. Pour eux, il est urgent d'accroître l'attractivité du territoire, de baisser les charges locales et de favoriser l'accès aux centres-villes.

"On a l'impression que le monde de l'économie échappe à la compréhension des politiques, commente Nicole Richard-Vespieren. Nous ne demandons qu'à nous investir, à faire vivre l'économie mais nous avons besoin d'un contexte apaisé, sain, secure et porteur. On n'a pas beaucoup entendu parler d'économie pendant cette campagne et c'est dramatique."

Une charte d'engagement en dix points

La CPME 13 essaie donc d'imposer cette thématique aux futurs nouveaux élus. Elle a notamment proposé à tous les candidats de sept villes du département (Aix-en-Provence, Arles, Aubagne, Istres, Marseille, Salon-de-Provence et Vitrolles) représentant les deux tiers de la population des Bouches-du-Rhône, de signer la "charte de l'engagement" qu'elle a rédigée en vue du mandat 2026-2032. Demandant aux maires d'adopter "le réflexe PME" et d'adhérer aux revendications listées.

Dix points considérés comme "essentiels pour la dynamique et la vie du tissu économique" selon la vice-présidente de la CPME 13. Parmi lesquels figurent la désignation d'un référent entreprises à la mairie, l'action contre la vacance commerciale, l'amélioration de la mobilité et du logement, le respect d'un délai maximum de paiement de 30 jours pour les commandes publiques ou encore la préservation du foncier productif.

Un document jusque-là signé par seulement 15 des 37 têtes de liste. Ce qui, Nicole Richard-Vespieren en convient, "n'est pas un bon signe". "On aurait pu s'attendre à une prise de conscience plus appuyée", regrette-t-elle.

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