Depuis le 1er avril. La paternité d'Egnos, complément du système GPS, revient à deux ingénieurs, dont l'un travaillait au Cnes à Toulouse. L'implantation du siège de l'ESSP (European Satellite Services Provider), opérateur d'Egnos, peut alors être vue comme un juste retour des choses. Et pourtant, bien que la France ait financé 30% du programme européen Egnos, les dés n'étaient pas jetés. «Trois solutions étaient envisagées: laisser le siège à Bruxelles, près de son client - l'Union européenne -, s'implanter à Madrid ou à Toulouse», raconte Frédéric Cornet, responsable des programmes de navigation pour le Cnes, à Toulouse. Un élément majeur a joué en faveur de la Ville rose: la concentration d'un nombre important de spécialistes du système Egnos. La décision, prise en mai2008, est aujourd'hui une réalité avec l'installation à Toulouse du siège de l'ESSP et le début de l'exploitation d'Egnos.
Un opérateur européen à Toulouse
L'idée de départ d'Egnos est d'améliorer la précision, la disponibilité et l'intégrité du signal GPS pour l'aviation civile européenne. «Le système américain GPS, opérationnel depuis 1995, n'était pas suffisamment fiable en phase de descente et d'approche pour la navigation aérienne», explique Frédéric Cornet. Grâce à trois satellites, un réseau de stations au sol (37 stations aujourd'hui et 41 avant la fin de l'année), 4 centres de contrôle et deux centres support (Toulouse et Madrid), Egnos est aujourd'hui le premier système européen de navigation par satellites. Disponible depuis 2005, il est exploité par sept aviations civiles européennes qui se sont réunies au sein de l'ESSP, groupement européen d'intérêt économique (GEIE) dès 2001. Depuis début avril, l'exploitation d'Egnos est transférée à une SAS dont les actionnaires sont les aviations civiles européennes. La direction de la SAS et les équipes opérationnelles, installées dans les locaux du Cnes, vont pouvoir s'appuyer sur le Centre d'évaluation et de maintien des performances, (PACF), véritable chef d'orchestre d'Egnos, présent depuis 2003 à Toulouse.
Écosystème favorable
Depuis plusieurs années, le Grand Toulouse est un véritable laboratoire d'essais d'applications utilisant Egnos, en complément du système GPS. Parmi les projets initiés à Toulouse : Siteeg, dont l'objet est de collecter en temps réel des informations sur le trafic et la pollution ou encore Filonas, système de localisation et communication assurant le suivi des véhicules des sapeurs pompiers et le suivi du personnel d'intervention à l'intérieur des bâtiments. Une quinzaine de projets ont vu le jour et sont en cours de développement à Toulouse. L'arrivée du siège de l'ESSP permet aux différents laboratoires et PME régionales d'être proches à la fois d'experts du système Egnos et d'un centre de décision de niveau européen. Un atout de taille pour la filière navigation par satellites de Midi-Pyrénées quand on sait que ce marché mondial représente aujourd'hui 20Mds€ et atteindra 200Mds€ en 2025.
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, la société ESSP, installée dans les locaux du Cnes à Toulouse, exploite Egnos, complément européen au système GPS