Tous ont été chefs ou dirigeants d'entreprises. Tous sont à la retraite, bénévoles et veulent transmettre leur expérience à des jeunes ou à des créateurs d'entreprises. En Finistère, ces seniors actifs sont 36 à adhérer à Égée, un réseau national de 2.200 membres en France qui a son siège à Paris. Au sein du club finistérien, on croise des anciens professionnels de l'agroalimentaire, des ex-dirigeants de l'industrie automobile, des DRH de grands groupes comme Air France... Six anciens directeurs de banque du Finistère interviennent également. Un soutien très utile car la principale action est l'aide aux entrepreneurs en difficulté. «Souvent, il s'agit d'entreprises individuelles. Elles ont des problèmes de trésorerie, de gestion ou d'organisation. Elles ont des soucis avec les banques qui ferment le robinet. Du coup, elles n'arrivent plus à payer un comptable et à sortir un bilan», détaille Christian Miserere, président départemental d'Égée, ancien responsable des ventes chez Renault France. Il se félicite d'un taux de survie de 60 à 70% des entreprises soutenues. L'an dernier, Égée a traité 120 dossiers. Les CCI, partenaires d'Égée, se chargent de les transmettre. La réponse se veut réactive. «On intervient très rapidement, sous 48heures. Notre objectif, c'est de recruter des gens disponibles, compétents et bénévoles, capables d'intervenir à la demande», note Christian Miserere.
Étudiants: 700 entretiens d'embauche l'an dernier
Pour l'efficacité du système, Égée privilégie les candidatures de retraités opérationnels tout juste sortis du monde de l'entreprise. «Quand on est face à des entrepreneurs ou jeunes, on doit être crédibles», souligne Joseph Le Bot, 62 ans, ancien cadre de Coopagri Bretagne.
«Les élèves écoutent plus des anciens dirigeants que des profs»
L'an dernier, Égée est intervenu auprès de 700 étudiants en Finistère pour faire passer des simulations d'entretiens d'embauche. «Le système fonctionne assez bien car les élèves écoutent plus des anciens chefs d'entreprises que des profs. On peut se permettre de leur donner des conseils.» Gratuitement, Égée propose aussi du suivi post-création d'entreprises ou de l'accompagnement de créateurs passés par le dispositif Nacre. Et depuis l'an dernier, de l'accompagnement à la réalisation du document unique. «On s'est dit que le secteur marchand n'irait que sur le segment des moyennes et grandes entreprises. Nous, on propose de l'aide aux plus petites.» Histoire de ne pas marcher sur les plates-bandes des sociétés de conseils: une ligne jaune à ne pas franchir...
Ils sont 36 retraités en Finistère, anciens dirigeants d'entreprises, membres du réseau Égée. Ils interviennent auprès des entrepreneurs en difficulté et des étudiants. Un système d'entraide qui semble assez bien fonctionner.