Des cours de langues, des humoristes comme Gad Elmaleh en ont fait leurs recettes à succès. À Morlaix, Michel Nizon en a fait son business. Avec Edulang, le P-dg est devenu depuis 1992 un spécialiste des logiciels d'apprentissage de langues. Drôle de pied de nez pour un ex-cancre en anglais... Longtemps, l'entreprise sera un simple distributeur avant de développer ses propres CD-Roms. Les professeurs de collège et les formateurs des instituts spécialisés sont à 90% ses clients. La rédaction, la relecture et la prononciation sont externalisées. Installée depuis mars dernier à Morlaix dans 400m² de nouveaux locaux, la PME a réduit de moitié sa surface de stockage initiale. «Le CD-Rom va progressivement disparaître», affirme le dirigeant. Quand le marché est en baisse de 30 à 40%, le chiffre d'affaires d'Edulang reste stable, mais sa marge, selon le créateur, croît de 40%! Ses innovations, Edulang en fait ses leviers de croissance. Désireux d'accompagner la mutation vers l'accessibilité en ligne, Michel Nizon vient de réaliser une levée de fonds auprès des Fonds d'investissement de Bretagne (17%), de Bretagne Jeune Entreprise (17%) et des Business Angels du Morbihan (12%). Le montant n'a pas été divulgué.
Des leçons d'anglais sur mobile
Cette évolution capitalistique entérinée, Edulang débute la commercialisation de deux produits à haute valeur ajoutée. Le premier, Test Simulator est une préparation en ligne au test du TOEIC. 6.000 universités dans le monde sont concernées... Le second est peut-être le plus retentissant. Disponible sur le net le 8décembre (www. englishaddicts.com), English Addicts est lancé sur mobile 3G+pour tous les opérateurs. Premier logiciel on-line d'apprentissage des langues, ce produit sera accessible sous forme d'abonnement. Les usagers pourront pratiquer un anglais diversifié basé sur un reportage radio de 3' de Voice of America et des leçons écrites. «Le temps de transport est désormais un temps de formation. Internet et le mobile le permettent. Les cadres sont à la recherche de cela.» Les entreprises aussi. Total, Air France, EMC2, ont déjà montré leur intérêt. Edulang entend multiplier son chiffre d'affaires (500 K€) par trois sous trois ans.
L'idée des jeux vidéos
Désormais accompagné de ses nouveaux actionnaires, Michel Nizon rêve aussi de grand public. «Il ne faut pas aller trop vite. Il faut déjà gagner la confiance de nos investisseurs», tempère le dirigeant. N'empêche, quand le numéro un en France de la vente de logiciels d'apprentissage de l'anglais s'appelle Nintendo (avec les titres English training et Practice English sur Nintendo DS), forcément ça donne des idées. Chez Edulang, on confie que des discussions sont avancées avec un éditeur parisien. Pour l'export, le meilleur moyen d'arriver sur les terres du fabricant japonais de jeux vidéos, serait de former un partenariat avec un producteur français. Le Morbihannais Ubisoft pourrait-il être celui-ci? Nothing is impossible...
Edulang amorce un virage on-line plein de promesses. À Morlaix, l'éditeur de logiciels d'apprentissages linguistiques lance la première solution sur téléphone mobile et rêve de collaborer avec des géants du jeu vidéo.