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EDF-Alstom : La filière offshore prend forme
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EDF-Alstom : La filière offshore prend forme

eolien en mer. En visite auHavre, Patrick Kron (Alstom) et Henri Proglio (EDF) ont rappelé les ambitions de leurs groupes respectifs sur le terrain de l'éolien en mer. Des ambitions qui passent par la région...

C'est Patrick Kron, le P-dg d'Alstom qui résume d'une phrase la problématique de l'éolien offshore pour les industriels: «pas de base industrielle, pas de contrat; pas de contrat, pas de base industrielle!» Un cercle vicieux qui ne pouvait se briser qu'avec le résultat du premier appel d'offres lancé par l'État en la matière. Appel d'offres remporté haut la main par un consortium mené par EDF à travers sa filiale EDF Énergies Nouvelles, auquel s'était associé Alstom en qualité de concepteur de turbines.




La filière sur les fonts baptismaux?

En empochant au printemps dernier trois projets sur les quatre attribués par l'État, l'équipe gagnante s'est donné les moyens d'engager l'étape suivante: la constitution d'une base industrielle, selon les termes employés par Patrick Kron lui-même, capable d'alimenter les futurs parcs (Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire) dont EDF assurera l'exploitation. «C'est l'occasion d'ouvrir une filière en France», note l'industriel. Un tissu industriel «indispensable» qui ne pourra se structurer qu'au regard de deux critères fondamentaux: «l'existence d'un marché domestique et notre capacité à être compétitifs à l'exportation». Un théorème que l'industriel veillera à respecter scrupuleusement au regard de ses futures implantations. Patrick Kron l'a redit en visite auHavre en septembre dernier en compagnie d'Henri Proglio, le patron d'EDF.




EDF prêt à se lancer sur d'autres appels d'offres

Pour l'énergéticien, le succès de l'appel d'offres est une première pierre à l'édifice, mais Henri Proglio ne s'en cache pas, «le consortium a vocation à se pencher sur d'autres appels d'offres», en France comme à l'étranger et surtout en Grande-Bretagne ou EDF peut compter sur des positions déjà fortes. En France, Jean-Marc Ayrault à ouvert la porte à un second round concernant le projet de parc éolien au large duTréport. Le seul dont l'adjudication avait été déclarée infructueuse il y a quelques mois, au grand désarroi de GDF-Suez, seul candidat déclaré qui comptait sur le bénéfice d'un débat public déjà achevé et de plus de cinq années d'études menées par la PME montpelliéraine devenue sa filiale, La Compagnie du Vent. Au final, lâche le patron d'EDF, «il n'y a pas de raison que l'on soit mal placé pour les autres appels d'offres»! En attendant, Alstom pose ses jalons en Normandie, à Cherbourg précisément, où deux sites de production de turbines et de pales d'éoliennes sont programmés.




Un site de fondations gravitaires auHavre

Pour le futur chantier du parc de Fécamp, l'industriel annonce également auHavre et dans différents ports du département, des investissements. LeHavre est voué à devenir le port de base de l'installation des futures éoliennes (83 unités de 6MW chacune), Fécamp celui de l'exploitation et de la maintenance et Dieppe, la base arrière des activités de services et de maintenance lourde liées au projet. Mais pour leHavre, la vraie bonne nouvelle reste l'implantation à venir d'un site de production de fondations gravitaires pour lequel le consortium a déjà réservé des terrains sur le port duHavre, quai de Bougainville, à proximité de son futur site d'assemblage. Un site dont l'exploitant reste à trouver -EDF consulte les acteurs du secteur- et qui pourrait employer à plein régime, soit pendant les deux ans du chantier, près de 600 personnes. Mais Jérôme Pécresse, le président d'Alstom Renewable Power prévient: «les trois projets en cours permettent de remplir nos usines pendant trois ans!» Pour aller au-delà, Alstom comme EDF devront faire leurs preuves à l'international et surtout en Grande-Bretagne, le marché le plus mûr actuellement en Europe.



Guillaume Ducable

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