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Économe en énergie, le futur train 100 % électrique de Lohr se rechargera par les rails
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Économe en énergie, le futur train 100 % électrique de Lohr se rechargera par les rails

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Lohr, en partenariat avec la SNCF et d’autres acteurs publics, avance sur le projet Draisy, une navette ferroviaire électrique légère, pensée pour relancer les petites lignes. Réunis à Duppigheim (Bas-Rhin) le 26 juin 2025, les partenaires ont présenté une étape clé : la mise au point d’un système de recharge par contact direct aux rails, en gare.

Tous les acteurs du consortium ainsi que les institutionnels se sont rassemblés sur le site de Duppigheim ce 26 juin 2025 pour un point d'étape du projet Draisy — Photo : Marine Dumeny

C’est la principale annonce de ce point d’étape : le système CESAM (Charging Electric train with Safe Autonomous Mobility) permettra au Draisy de recharger ses batteries automatiquement à l’arrêt. Projet phare de Lohr (2 000 collaborateurs, 400 M€ de CA), le Draisy est un nouveau modèle de train léger, 100 % électrique, développé en partenariat avec la SNCF et plusieurs acteurs publics et privés. Pensé pour revitaliser les petites lignes ferroviaires délaissées, il mise sur "la frugalité énergétique, la réduction des coûts d’exploitation, et une architecture modulaire". Draisy entend proposer une alternative plus souple et économique aux TER classiques, avec une mise en circulation prévue à l’horizon 2027 pour des essais en Moselle, notamment sur la ligne Sarralbe-Kalhausen, en 2027, et une commercialisation envisagée à l’aube de 2030.

Le prototype du Draisy, sur le site de Duppigheim ((Bas-Rhin) — Photo : Marine Dumeny

CESAM ouvre la voie

Testé fin 2025, le CESAM fonctionne selon le principe de conduction. Concrètement, des patins en cuivre, déployés sous la rame, viendront se poser sur des rails conducteurs intégrés à la voie.

La recharge s’effectuera donc par conduction — un mode plus efficace que l’induction — à hauteur de 800 ampères sous 600 volts, soit la tension nominale des batteries. Un positionnement automatique du train en gare est prévu pour assurer le contact, avec arrêt en cas d’obstacle. Une technologie développée en partenariat avec la start-up strasbourgeoise Futurail.

Futurail, start-up strasbourgeoise, développe deux systèmes logiciels et IA pour le Draisy : le "FACS" et le "DACS" pour amener les trains se charger de façon autonome une fois en gare, au terminus ou à l’entrepôt, et détecter les éventuels dangers — Photo : Marine Dumeny

Une recharge manuelle, via une borne latérale, restera possible en dépôt ou au terminus.

Contrairement aux autorails thermiques encore en circulation sur certaines lignes peu fréquentées, ce nouveau train léger fonctionne sur batterie, sans émission directe de CO₂. Son gabarit réduit, son poids allégé et son système de recharge intelligent en gare lui permettent d’optimiser sa consommation énergétique. En remplaçant les trains diesel là où l’électrification des petites lignes via caténaires serait trop coûteuse, Draisy offre une solution plus propre et plus économique.

Un train pensé pour les territoires

Draisy est conçu pour diviser par deux les coûts d’achat, d’exploitation et de maintenance par rapport à un TER classique. Il s’agit d’un véhicule modulaire, de faible gabarit, motorisé par une batterie haute tension de deux tonnes placée sous le plancher. L’architecture a été pensée pour simplifier la maintenance tout en répondant aux enjeux de confort et de performance.

Avec 30 places assises, 4 emplacements vélo, un vitrage panoramique et une cabine de conduite allégée, le Draisy s’adresse aux lignes à plus faible fréquentation. Ses essieux, à suspension réorientée, permettent une meilleure prise en virage, et le poids par essieu est limité à 12 tonnes (contre 20 à 30 tonnes pour les trains classiques), ce qui ouvre la voie à une utilisation sur des voies moins renforcées, voire avec du matériel de réemploi.

Une démo virtuelle du futur train Draisy — Photo : Marine Dumeny

La signalisation reste conforme aux standards ferroviaires pour garantir la sécurité. Enfin, la transmission de données via le réseau GSM est également étudiée pour une intégration au projet, sous réserve de garanties de cybersécurité.

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