Eclipse : « Basée au Canada, la fondation vient de créer un pôle à Toulouse »
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Eclipse : « Basée au Canada, la fondation vient de créer un pôle à Toulouse »

Open source. Après avoir travaillé chez Orange, monté sa start-up Petalslink et travaillé chez Obeo, Gaël Blondelle représente désormais la fondation Eclipse à Toulouse.



Qu'est-ce que la fondation Eclipse ?

C'est IBM qui en est à l'origine, sous forme d'un projet open source lancé en 2001, destiné à créer une communauté d'éditeurs de logiciels. En 2004, suffisamment d'acteurs ont été rassemblés pour pouvoir fonder Eclipse, une association à but non lucratif. Aujourd'hui, elle compte plus de 200 membres qui la financent dans le monde, des PME comme Obeo ou Artal, aux gros éditeurs comme Oracle ou Google, en passant par les industriels comme Airbus ou Continental. Plus d'un tiers d'entre eux sont européens, avec une très forte présence de l'Allemagne et de la France.


Pour quelles raisons cette association s'installe-t-elle actuellement à Toulouse ?

La fondation Eclipse, basée à Ottawa au Canada, vient de créer une filiale en Allemagne à Francfort, intitulée Eclipse Foundation Europe, ainsi qu'une représentation à Toulouse. Il faut savoir qu'Airbus a planché sur l'open source assez tôt, il y a une dizaine d'années, autour du projet Topcased de création d'outils de développement des systèmes embarqués critiques sur l'A380 et l'A400M. Ce projet a beaucoup contribué au développement de l'écosystème Eclipse sur Toulouse. Topcased a donné suite au projet européen OPEES en 2009, visant à développer sur une échelle plus large une communauté autour des systèmes embarqués en open source. Les membres d'OPEES ont alors décidé d'adhérer à Eclipse, ce qui a attiré de nouveaux membres comme Thales ou Astrium.


L'aéronautique et le spatial sont donc les secteurs visés en priorité par la fondation Eclipse à Toulouse ?

En effet, depuis 2012 s'est créé un nouveau groupe de travail, PolarSys, qui regroupe différents acteurs de l'aérospatial. C'est intéressant pour Eclipse, car il s'agit d'un nouveau type de communauté open source pilotée par les utilisateurs des technologies, et non plus par les éditeurs. Ces acteurs-là voient l'open source comme une façon de rééquilibrer un écosystème dans lequel ils avaient un peu perdu la main, notamment sur l'évolution de leurs logiciels. Mais nous avons vocation à attirer des membres dans d'autres secteurs, comme l'automobile.


Quel rôle joue Eclipse pour ses membres ?

Nous fournissons des services : tout d'abord une infrastructure de collaboration (serveurs, forums...) destinée plutôt au millier de développeurs qui travaillent chez nos 200 membres. Nous offrons également un service autour de la gestion de la propriété intellectuelle. Chez Eclipse, les entreprises restent propriétaires de leurs logiciels. Il y a tout un travail de pédagogie à réaliser pour présenter l'open source comme une façon de gérer la propriété intellectuelle, ainsi qu'un travail de vérification des licences, des noms de projets et autres avant qu'une nouvelle version d'un logiciel soit sortie. Enfin, nous développons l'écosystème Eclipse avec l'organisation de trois conférences dans le monde sur l'open source. À Toulouse, il y aura une seconde édition en juin 2014.


Toulouse devient-elle en quelque sorte la tête de pont pour développer l'open source en Europe ?

Il y a une quinzaine de membres toulousains au sein d'Eclipse. Ma mission est de développer cette communauté, en France et en Europe, pour Eclipse et pour PolarSys. Je m'intéresse par conséquent à toutes les sociétés impliquées dans les systèmes embarqués, qui sont membres du pôle de compétitivité Aerospace Valley. Mon message ? Cette communauté est le bon endroit pour faire du business dans l'open source !

Fondation Eclipse



(Toulouse) Directeur du développement de l'écosystème européen de la fondation Eclipse : Gaël Blondelle 20 permanents dans le monde dont 2 à Toulouse @email 06 73 39 21 85 www.eclipse.org

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