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Dracula Technologies lève 12 millions d’euros pour doper sa production de modules photovoltaïques pour l'IoT
Drôme # Production et distribution d'énergie # Investissement industriel

Dracula Technologies lève 12 millions d’euros pour doper sa production de modules photovoltaïques pour l'IoT

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La deeptech drômoise, qui conçoit des modules photovoltaïques pour les objets connectés, a annoncé une extension de sa levée de fonds entamée en 2022. L’entreprise a levé au total 30 millions en 3 ans, qui financeront la construction d’une seconde ligne de production. Objectif : quadrupler sa production pour atteindre un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros en 2026.

Le module Layer@ de Dracula Technologies transforme la lumière ambiante en source d’énergie pour les objets connectés — Photo : Cyril Vergnon

La deeptech drômoise Dracula Technologies (46 salariés ; 1,7 M€ de CA), qui produit des modules photovoltaïques par impression numérique, à base d’encre organique conductrice, à destination des objets connectés a annoncé la clôture d’une extension de sa levée de fonds, entamée en 2022. Celle-ci porte à 30 millions d’euros le montant total de fonds levés en trois ans.

Cette extension de 12,3 millions d’euros supplémentaires réunit la Banque des Territoires qui intervient pour le compte de l’État dans le cadre du programme de France 2030, qui a apporté 11,3 millions d’euros au total depuis 2022 et qui mène l’opération financière. L’extension a également été accompagnée par l’industriel français spécialisé dans les technologies d’impression numérique, MGI Digital Technology, ainsi que les investisseurs privés historiques dont le fabricant de semi-conducteurs Semtech. Enfin, un nouvel investisseur est entré au capital de la pépite : il s’agit du Fonds EIC (European Innovation Council).

Les fondateurs et dirigeants Brice Cruchon et Jérôme Vernet demeurent majoritaires à l’issue de l’opération aux côtés du directeur technique Sadok Ben Dkhil, tandis que la Caisse des Dépôts et MGI détiennent respectivement 15 % du capital, Semtech et le fonds EIC possédant chacun 5 % de l’entreprise. "Les salariés sont également actionnaires de Dracula sous forme de plan BSPCE (stock options permettant aux salariés d’une entreprise d’entrer au capital de celle-ci, NDLR)", précise Bruce Cruchon.

Accélération de la demande

Ce financement devrait permettre à la deeptech de passer à une fabrication jet d’encre en continu, multipliant par quatre dès fin 2026 sa capacité de production annuelle, pour atteindre 600 millions de centimètres carrés dans son usine de Valence. Usine qui constitue pour l’instant la plus grande unité au monde dédiée à la fabrication de modules photovoltaïques organiques (OPV) imprimés.

3 millions d’euros d’investissements prévus pour une nouvelle salle blanche

La jeune pousse devrait également investir dans une nouvelle salle blanche, pour un montant de près de 3 millions d’euros, sa principale ligne de production de modules photovoltaïques étant arrivée à quasi-saturation. Cette nouvelle salle blanche devrait être opérationnelle "dès mai 2026", précise le dirigeant.

Remplacer les piles dans les objets connectés

Pour accompagner la montée en puissance de secteurs comme les bâtiments intelligents (Smart Home), le suivi d’actifs (Smart Tracking) ou les capteurs IoT, Dracula Technologies livre actuellement des contrats pluriannuels et de grande envergure à des leaders industriels mondiaux. "Nous avons un carnet de commandes de l’ordre de 20 millions d’euros", avance Brice Cruchon. La deeptech Dracula, dont les produits sont destinés à remplacer les piles dans les objets connectés, vise un marché de plus de 10 milliards d’euros, qui devrait être multiplié par cinq d’ici 2030.

Gonfler les équipes

Enfin, grâce à ce financement, l’entreprise prévoit de renforcer significativement ses équipes à Valence afin d’accompagner la montée en charge industrielle. D’ici la fin 2026, l’entreprise prévoit ainsi de 20 recrutements supplémentaires et 20 encore en 2027, pour un total d’une centaine environ prévue d’ici 2 ans.

"Ce soutien va nous permettre de renforcer notre base industrielle en France, de préparer la mise en place de capacités de production au plus près des marchés stratégiques, et d’entamer des discussions avec des partenaires industriels pour accélérer notre déploiement mondial", a déclaré le PDG de Dracula Technologies, Brice Cruchon L’entreprise vise un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros l’an prochain, "et de 100 millions d’euros à horizon cinq ans", termine Brice Cruchon.

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