Le groupe Doux, placé en redressement judiciaire le 1er juin, présentait lors d’une audience d’étape ce mardi 9 octobre devant le Tribunal de commerce de Quimper, une partie de son plan de restructuration qui doit permettre de redresser l’activité. Une trentaine de salariés ont répondu à l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFDT et FO) et se sont réunis devant le tribunal, au moment de l’audience. Le plan, présenté également hier en comité central d’entreprise, prévoit, selon des sources syndicales, la fermeture de quelques sites, jugés peu rentables.
1) L’entrepôt frigorifique basé sur le port de Brest et qui emploie deux personnes (dont une qui « doit partir à la retraite en fin d’année », selon un représentant syndical).
2) L’usine de Père Dodu à Kergonan qui produit de la VSM (Viande séparée mécaniquement) pourrait voir son activité s’arrêter également. 24 salariés y sont employés.
« Ils devraient se voir proposer une mutation soit dans l’usine de Père Dodu à Quimper, soit à l’abattoir de Châteaulin », assure un élu CFDT.
3) La section « charcuterie » de l’usine de Quimper est également susceptible d’être mise à l’arrêt d’ici la fin de l’année 2012.
« Il n’y a pas assez de volumes pour que l’activité soit rentable », explique le syndicaliste. Globalement, il rappelle que l’usine tourne « au ralenti » depuis quelques semaines.
Enfin, la direction a indiqué qu’elle cherchait à vendre une usine de transformation de déchets de volaille en farine animale, située à Châteaulin, comme elle l’avait fait auparavant avec une autre usine du même type. Bien qu’elle soit rentable, elle ne fait pas partie du périmètre central d’activité du groupe et permettrait de récupérer des « liquidités », selon les syndicats. Le groupe espère en récupérer 15 M€.
Une centaine de postes menacés
A Châteaulin, les élus du personnel révèlent que la restructuration a déjà commencé. Comme l’a annoncé la direction en septembre, l’abattoir de Châteaulin est passé aux « trois 7 » : une équipe de nuit a été recrutée, pour accélérer la production sur le congelé. Des salariés de l’usine de découpe de Châteaulin, qui travaillaient auparavant pour le pôle frais de Doux et se retrouvent aujourd’hui en sureffectif, ont ainsi dû accepter de passer à l’abattoir.
« Ils ne veulent garder que 32 personnes à la découpe, sur 65», affirme Patrick Le Coz, délégué CFDT à Châteaulin.
D’autres mesures ont été annoncées, dont les détails ne seront révélés qu’à la fin octobre, lors d’un nouveau CCE : la direction a ainsi confirmé qu’une partie du personnel administratif sera licencié, sans donner les contours de ce plan social. Au total, les syndicats estiment qu’une centaine de postes sont aujourd’hui encore menacés, sur les 2.100 (dont 400 CDD) que compte le groupe aujourd’hui réduit à ses deux pôles, élaborés et congelés.
30 M€ d’investissements
Hier, après le comité d’entreprise, la direction a assuré avoir renoué avec la « profitabilité » depuis la vente puis la liquidation du pôle frais de Doux le 10 septembre dernier, qui pesait sur les comptes du groupe. « La profitabilité du nouveau groupe permettra de financer les investissements et de rembourser les dettes de la société dans le cadre du plan de redressement qui sera soumis au Tribunal de commerce », est-il indiqué dans un communiqué. Comme cela avait été annoncé fin juillet, le groupe a confirmé l’investissement de 30 M€ sur trois ans. « S’ils avaient investis avant, on en serait pas là », rétorque, sceptique, Patrick Le Coz.
La direction du groupe n'a dévoilé ce mardi 9 octobre qu'une partie de son plan de restructuration devant le Tribunal de commerce de Quimper.