« J'ai toujours été un adepte du "Decitemps" d'Yvon Gattaz, et de ses préconisations en matière d'investissement personnel ». Après avoir été élu à la CCI de Saint-Étienne, président d'un syndicat textile aujourd'hui disparu, conseil à la Banque de France ou encore vice-président du Medef, Domnique Jabouley enfile une nouvelle casquette. À 64 ans, le dirigeant du groupe Jabouley (biais et agrafage de soutien-gorge ; 220 salariés, CA 2014 : 20 M?) est depuis quelques jours le nouveau président du Tribunal de commerce de Saint-Étienne. TC où il exerçait comme juge depuis huit ans. Il succède à Alain Gautier. « J'y consacrerai environ un mi-temps. Je peux le faire parce que je me suis désengagé de l'opérationnel de mon entreprise, depuis trois ans ».
Le nouveau président du tribunal de commerce de Saint-Étienne s'est fixé deux priorités : le développement de la conciliation et la mise en avant de la prévention des difficultés des entreprises.
Conciliation et prévention
« La conciliation est très peu pratiquée en France. Pourtant, la conciliation peut déboucher rapidement sur un accord satisfaisant pour les deux parties. Mais en France, nous avons la culture du juge qui tranche. Mon ambition est de convaincre mes collègues, les avocats... ». Concernant la prévention des difficultés, Dominique Jabouley veut constituer, avec ses collègues, un petit groupe de « VRP du tribunal » pour informer les entreprises des outils existants. « Nous sommes des chefs d'entreprise aussi. Nous sommes là pour les aider. Rien de plus désolant que de voir une entreprise qui vient trop tard ! ». Le leader du groupement des Dupés assure que ses deux engagements seront parfaitement compatibles puisqu'avec les Dupés, il est en guerre contre le droit du travail, pas contre la loi commerciale. « Mais il est vrai que je vais être extrêmement vigilant sur la personnalisation des Dupés. De même que sur mes critiques, à l'extérieur, de la loi commerciale. Je me suis engagé, j'appliquerai la loi. Point final ». À ceux qui espéreraient, par exemple, qu'il abandonne la récente politique du TC de Saint-Étienne de poursuite en cas de non dépôt des comptes, celui qui ne publiait pas les siens jusqu'à peu répond qu'il poursuivra sur cette voie. « Très clairement. Et sans dérogation. Même si c'est un crève-coeur ! »
Stéphanie Gallo