Dewdrops : Emprisonner les déchets pour mieux les traiter
# Industrie # Investissement

Dewdrops : Emprisonner les déchets pour mieux les traiter

Environnement À Sin-le-Noble, un ingénieur britannique développe une solution «propre» pour traiter les déchets, notamment du nucléaire. Cap sur le Japon.

Éliminer les huiles et solvants toxiques: la solution existe, y compris pour des déchets radioactifs. Comme une goutte de rosée glissant sur un brin d'herbe, c'est la traduction de Dewdrops. Britannique de naissance et toujours globe-trotter, Wiliam Everett quitte ce printemps son laboratoire de Sin-le-Noble pour le Japon.




Radioactivité La filière nucléaire fonde de solides espoirs sur sa technologie mise au point avec le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) en France. «Nous avons démontré la faisabilité de notre procédé pour emprisonner des déchets potentiellement dangereux dans de la matière inerte, afin de les stocker en toute sécurité, le temps que le danger disparaisse. En clair, il s'agit de transformer le déchet inacceptable dans une forme acceptable. Nous fournissons le maillon manquant», sourit l'entrepreneur. Il a choisi de s'installer dans la région qui soutient de longue date son projet. L'idée remonte à 2003. «À l'époque, l'incubateur de l'école des Mines de Douai pensait que la solution serait un traitement biologique. J'ai remporté le concours de l'innovation du ministère de la Recherche en 2004, ce qui a permis d'engager les discussions avec Areva», note-t-il. La première phase de tests a démarré en 2007. «On a un peu tourné en rond», se souvient Wiliam Everett, remerciant au passage le réseau Entreprendre Hainaut, Douaisis Initiative et la banque CIC «qui ont joué le jeu dès le départ». C'est aussi grâce à eux qu'il a décidé «d'enraciner Dewdrops dans le Douaisis, question de loyauté avec les gens qui nous ont aidés». La chambre régionale de commerce et d'industrie continue de le soutenir pour faire connaître le procédé hors de France. Ingénieur de formation ayant pratiqué le commerce international pendant 20ans, William Everett espère bénéficier du colossal marché de la fin de vie des réacteurs nucléaires. «Nos solutions pourront s'appliquer à ces problématiques. En soi, la technologie n'est pas strictement nucléaire, mais elle peut s'y adapter.» C'est la force de Dewdrops: concevoir des machines de traitement sur mesure qui épousent exactement la demande du donneur d'ordre.

20% en R&D L'entreprise compte deux ingénieurs chimistes, un doctorant en microbiologie, un automaticien et un technicien chimiste. Sans oublier Danielle Everett à l'administration, notamment au montage des dossiers. Pour rester à la pointe de l'innovation, Dewdrops consacre chaque année 20% de ses ressources au perfectionnement de sa technologie biologique. «On est écolos, martèle Wiliam Everett. Il faut zéro déchet à la fin.»

Dewdrops
(Sin-le-Noble) P-dg: William Everett 7 salariés CA 2011: 380.000

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