Depuis le 1er janvier, un droit à la déconnexion numérique a été introduit dans le code du travail. L'article 55 de la loi exhorte les dirigeants d'entreprises de plus de 50 salariés à mettre en place des dispositifs de régulation de l'utilisation des outils numériques ( Smartphones, tablettes, ordinateurs portables...) en dehors du temps et du milieu de travail. Qu'en pensent les dirigeants ? Deux dirigeants de PME donnent leur avis.
Inside Group : « Ce que nous devons rechercher avant tout, c'est le bien-être au travail. »
Pour Denis Lavelle, co-fondateur d'Inside Group (entreprise de services du numérique,150 salariés, 9,2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015 dont 5 % de rentabilité nette), le débat n'est pas là où il devrait être : « Il faut donner envie aux équipes de travailler, valoriser leur travail, plutôt que de vérifier si les gens ne travaillent pas trop. Ce que nous devons rechercher avant tout, c'est le bien-être au travail. C'est sur ce sujet qu'il faut réfléchir ! Le salarié est déjà protégé par la loi sur les dépassements d'horaires. Pour moi, cette loi est une mesure politicienne et c'est de la démagogie. Tout est déjà en place pour que le salarié ne soit pas harcelé. Cette loi rigidifie davantage notre façon de travailler. Chacun de nous doit savoir se déconnecter quand il faut. Dans certains cas, un échange en dehors des horaires de travail peut être bénéfique et pas seulement vu comme une pression. On peut avoir envie de lire un dossier le week-end ! »
Ethics Group : « La nouvelle technologie est là pour nous simplifier la vie »
Thierry Pédeloup mène une société de 110 consultants (10 M€ de CA en 2016), experts en management, digitalisation et autres domaines d'accompagnement au changement. Il développe son propre concept d'entreprise appelé "The Good Company". Son avis : « Mettre l'utilisation de l'outil numérique sous la contrainte et le contrôle, c'est ridicule. Le tout est d'en faire bon usage, et cela ne relève que du bon sens. Nous travaillons par exemple, en interne, à la limitation de l'usage des mails. Il faut juste faire preuve d'innovation managériale et faire évoluer le fonctionnement de l'entreprise pour éviter les débordements. Plutôt que d'imposer une charte, chercher à instaurer un climat de confiance, où le salarié ne se sent pas contraint de répondre à un message... »