L'économie finistérienne semble reprendre des couleurs. C'est en tout cas ce qui ressort du dernier bilan de Finist'éco, le rapport des trois chambres économiques du Finistère réunies au sein de la Cocef, à paraître dans le courant du mois de mai.
Hausse de 5% du nombre d'établissements actifs
« En 2016, si le nombre de créations d'entreprises a chuté de 2,1%, le nombre de défaillances a quant à lui diminué de 9%, entraînant une hausse du nombre d'établissements actifs, lequel a ainsi grimpé de 5% », indique Hervé Moguérou, chargé de développement économique à la CMA29. Principaux bénéficiaires de cette hausse : les services et commerces.
Recul du chômage de 0,5%
Le chômage recule quant à lui de 0,5%, pour arriver à 8,9% au troisième trimestre 2016. Pour la première fois depuis 2007, le nombre de demandeurs d'emplois suit une évolution négative, avec -0.6% entre décembre 2015 et décembre 2016. Les plus de 50 ans (+4,3%)et les chômeurs de longue durée (+1%)continuent cependant à être les plus exposés. Au total, la croissance de l'emploi aura gagné 1 point entre les deuxièmes trimestres 2015 et 2016.
Inquiétude sur le lait, redressement du porc
Côté agriculture, la situation des producteurs laitiers reste inquiétante, avec une baisse du prix du lait de 8% et un volume en recul de 2%. Le porc a de son côté bénéficié d'un redressement des prix, tiré notamment par les exportations vers la Chine. Les abattages Bretons de volailles connaissent eux une forte baisse (-5,5%), du fait d'une exportation à la peine et de la grippe aviairedans le Sud-Ouest qui a impacté les exportations bretonnes. Les légumes frais s'en sortent relativement bien avec des prix soutenus, notamment pour la tomate, qui ont permis de rattraper un printemps difficile au niveau météorologique. «Paradoxalement, on voit des hommes et des femmes en situation de détresse, notamment dans la filière lait, alors que nous sommes la région qui investit le plus dans l'agriculture», analyse André Sergent, président de la Chambre d'agriculture du Finistère, qui pointe aussi des problèmes de main d'œuvre, notamment dans le secteur légumier.
Pêche : hausse des volumes de 5%
Côté pêché, le volume des apports est en hausse de 5%, avec un chiffre d'affaires des criées à 173 M€, en progression de 3% : «le signe d'une belle vitalité commerciale : les halles à marée finistériennes sont dynamiques, avec plus de 400 acheteurs enregistrés et 70% des achats effectués à distance, ce qui est la preuve de l'attractivité des places de ventes finistériennes», souligne Hervé Moguérou. Des chiffres qui devraient aider la CCIMBO à appuyer son dossier de candidature à sa propre succession pour la délégation des six criées du Finistère Sud, pour lesquelles le Conseil Départemental a lancé un appel d'offre.
Industrie : exportations d'IAA en hausse de 15%
Malgré un chiffre d'affaires en recul de 0,3% à l'échelle bretonne, l'industrie finistérienne connaît une légère progression de ses effectifs (+0,3%), soutenue notamment par les IAA, premier employeur avec 45% des effectifs, qui connaissent une progression de 2,7% avec 500 postes supplémentaires. La balance commerciale industrielle reste largement excédentaire (+499 M€ contre +513 M€ en 2015). Les exportations d'IAA progressent de 15%, portées par les produits laitiers et les glaces à destination de la Chine, notamment par le biais du géant Synutra. Egalement en forte hausse, les ventes de préparations à base de produits de la mer augmentent de 18%.
« L'artisanat finistérien retrouve des couleurs »
L'artisanat finistérien progresse avec 16.113 entreprises actives, soit une hausse de 4,3%, pour près de 30.000 salariés. À noter : dans le Finistère, 30% des nouveaux entrepreneurs sont des femmes. «Les perspectives sont également encourageantes dans le bâtiment malgré une légère baisse des constructions de logements (-4,7%)», analyse Hervé Morégou. Et en dépit d'une commande publique au point-mort, les permis sont mieux orientés (+18,8%) et le non-résidentiel progresse avec une hausse des surfaces construites de 40%, en grande partie pour satisfaire des besoins en locaux commerciaux et entrepôts. « L'artisanat retrouve des couleurs et, globalement, les affaires reprennent même si on a toujours des inquiétudes pour le bâtiment où les affaires reprennent tellement bien qu'on a des problèmes de main d'oeuvre », estime Michel Gueguen, le président de la CMA du Finistère.
Commerce : l'hygiène et la santé tirent leur épingle du jeu
La croissance du nombre de commerces en activité reste stable à 1%, avec une densification tirée par le secteur de l'hygiène et de la santé qui comptent 106 enseignes supplémentaires (+7%). Le nombre de points de vente de grande distribution diminue (-13), mais le plancher commercial progresse (+18.000m²). « Notre point de vigilance concerne l'ensemble des commerces de centre-ville, qu'ils soient en zone rurale ou urbaine», assure Frank Bellion, le président de la CCIMBO.
Tourisme : l'hôtellerie progresse, les campings reculent
Le nombre de nuitées revient au niveau de 2014 après une hausse continue depuis 2013. L'hôtellerie progresse cependant de 3,1% avec un taux d'occupation de 54% (+1,8%. La clientèle étrangère est en recul, notamment en provenance d'Italie (-23%), d'Espagne (-15%) et du Royaume-Uni (-6%). C'est le Pays de Brest qui enregistre la plus forte progression (+5,2%), porté notamment par les fêtes maritimes. Les campings sont quant à eux en recul de 6,5%, baisse qui touche principalement les emplacements équipés (-9%).
Ports de commerce : légère reprise pour Brest
Le trafic du port de Brest est en hausse de 4,9%, avec une progression du vrac agroalimentaire mais un recul des viandes congelées à l'export. Impacté par l'avarie du Pont-Aven et l'arrêt technique de la ligne Plymouth-Roscoff, le port du Bloscon connaît une baisse de son trafic passager (-1,5%), ainsi que de son trafic marchandises ferries (-1,9%) et conventionnel (-8,4%).
Aéroports : Brest en hausse, Quimper en baisse
Avec plus d'un million de passagers, l'aéroport de Brest est en hausse de 1,2%. En revanche, Quimper est à la peine avec une chute de 2,3% de son trafic passager. « Nous allons tâcher d'arrêter cette hémorragie », promet Frank Bellion.