Des bureaux plus petits, mais davantage de services

Des bureaux plus petits, mais davantage de services

Si l'«open space» et ses vastes plateaux de travail décloisonnés est aujourd'hui largement répandu dans l'immobilier tertiaire, il semble aujourd'hui en phase de recul. «Le tout open space des années 80 a montré ses limites: manque d'intimité, difficulté de concentration et autres nuisances sonores. Nous arrivons aujourd'hui vers une nouvelle étape qui mélange davantage les usages et les espaces. Les espaces partagés ouverts sont dimensionnés à des échelles plus humaines de 20 et 30 postes, explique Antoine Buisseret, architecte associé chez Groupe-6, un cabinet grenoblois. Nous nous tournons également vers la création d'espaces intermédiaires pour permettre le travail en petits groupes ou vers des espaces plus informels favorisant l'échange et le foisonnement d'idées entre les équipes». Offrir des bureaux modulables qui s'adaptent à des usages variés semble donc la tendance phare. Et elle influe sur la conception même des bâtiments. «Nous avons conçu nos bureaux de façon totalement modulable. Le raccordement électrique a été réalisé par le plafond ce qui rend les cloisons montables et démontables à loisir. En somme, les bureaux peuvent évoluer dans le temps en fonction de nos utilisations», note Barnabé Baudu, chef de projet au sein du groupe nantais d'intérim Abalone, qui s'est doté d'un nouveau siège en 2009.




L'enjeu de la modularité

La modularité n'est d'ailleurs pas que l'affaire du tertiaire. Elle a également court dans l'industrie, comme le prouve Dani Alu, une société de conception et de fabrication d'éléments de construction en aluminium basée dans le Rhône, installée dans des usines semblant tout droit sorties de l'imagination du Corbusier, avec de larges bâtiments de béton pur sans enduit ni revêtement de facade. «Grâce à une poutre sans contrainte de trente mètres, nous avons conçu de larges espaces pour les ateliers. Ce sont des surfaces de production nues sans poteaux. Et depuis vingt ans la configuration au sol a beaucoup évolué. Ces surfaces ont fait l'objet de plusieurs réaménagements dans les ateliers en fonction des évolutions et des besoins de l'entreprise», explique Jean François Frilet, responsable de la communication de l'entreprise. En ce qui concerne les espaces de bureaux, la tendance est à la réduction de leur taille.




Des bureaux passés de 20 à 15 m²

«Il y a cinq ans, un poste de travail, c'est-à-dire un bureau, une chaise, des espaces de rangements,etc., avoisinait les 18 à 20m². En 2012, ce chiffre se situe plus entre 14 et 15m². Dans trois à cinq ans, nous serons plutôt dans une fourchette approchant les 12m²», estime Sylvain Hasse, directeur du pôle conseil chez BNP Paribas Real Estate. De quoi laisser penser que la qualité de vie au bureau pourrait se dégrader. Il n'en sera rien. «Paradoxalement, en dépit de cette perte de mètres carrés, l'accent est mis sur le confort et le bien-être des salariés. Avec la création dans les sièges sociaux de restaurants, de crèches ou bien encore de conciergerie», souligne Sylvain Hasse. Une tendance mise en lumière par Jean-Loup Patriarche, président du cabinet d'architecte savoyard du même nom: «Il faut penser les bureaux comme un habitat à vivre. Dans une époque où les gens ont tendance à rester de plus en plus longtemps dans l'entreprise, il est impératif qu'ils se sentent impliqués et motivés. En améliorant leur confort de travail, vous améliorez indéniablement leur productivité et leur créativité».