L'histoire de DMT remonte à 1933 lorsque se crée la conserverie Fourmentin-Ramet. En 1993, l'actuel président Jean-Pierre Delpierre, qui a créé la Continentale de conserves en 1959, rachète cette PME dont il va diversifier l'activité. Le nom Delpierre Mer & Tradition apparaît en 1999. En 2006, l'entreprise quitte le quartier portuaire pour construire, au parc d'activités de Landacres (Hesdin-l'Abbé), une usine de 14.000m². Mais l'investissement de 16M? est mal digéré et la mise en route des lignes automatisées plus difficile que prévu. DMT affiche de grosses pertes (5,40M? en 2006, 3,7 millions d'euros en 2007).
Plus de 50millions de boîtes
En 2008, un nouveau capitaine, Éric Diers, est appelé à la barre. Compte tenu du poids de l'entreprise dans l'économie locale, le Conseil régional et la Communauté d'agglomération du Boulonnais décident d'intervenir. La CAB rachète ainsi les locaux et les loue à l'entreprise. «Depuis, nous avons renoué avec les bénéfices et embauché cinq salariés, explique Éric Diers. Nous avons diminué nos coûts fixes d'exploitation (- 2M? par an) et trouvé de nouveaux produits.» En 2009, DMT a utilisé 10.000 tonnes de poisson pour remplir 53millions de boîtes. Si elle reste fidèle aux produits traditionnels qui ont fait sa réputation (hareng pilchard, colin au naturel, sardine), elle a aussi une grosse production de filets de maquereau et de saumon, de salades pique-nique à base de thon, surimi ou hareng, de tartinables rillettes, et de plats cuisinés. De même, la conserverie a innové dans le packaging avec une barquette en aluminium recyclable, plus pratique à ouvrir, qui lui a valu un Trophée de la Performance environnementale.
Si le Boulonnais possède une tradition de conserveries de poisson, le dernier fleuron de cette industrie a failli péricliter. Delpierre Mer & Tradition a su éviter la fermeture en 2008 et, grâce aux collectivités, développer une stratégie de redressement.