Défaillances : SOS Entrepreneur lance un prêt d'honneur pour les PME en difficultés

Défaillances : SOS Entrepreneur lance un prêt d'honneur pour les PME en difficultés

Face au niveau des défaillances d'entreprises en 2015, l'association régionale SOS Entrepreneur réagit par le lancement d'un prêt d'honneur. Elle adresse également un appel au Président de la République et au Ministre de l'Economie pour faciliter le crédit aux entrepreneurs, afin de relancer le financement du BFR, l'investissement et donc l'emploi.

D'après les chiffres présentés par l'association nordiste SOS Entrepreneur, l'année 2015 va enregistrer un nombre de défaillances d'entreprises supérieur à 60.000, soit 20 % de plus par rapport à l'avant-crise de 2008 (49.850 en 2007). Le Nord - Pas-de-Calais affiche ainsi 2.615 défaillances sur les trois premiers trimestres 2015, soit +1,4 % par rapport à la même période en 2014. Quant à la Picardie, elle enregistre 1.023 défaillances sur cette période, contre 1.090 sur les trois premiers trimestres de 2014. Dans ce contexte, l'association a décidé de ne pas rester les bras croisés. Elle lance un prêt d'honneur en direction des PME en difficultés et, dans la perspective de la Loi Macron 2, elle partage ses propositions économiques pour faciliter le crédit aux PME.


Des prêts d'honneur octroyés aux PME en difficultés

L'association SOS Entrepreneur a décidé d'octroyer des prêts d'honneur aux dirigeants de PME en grandes difficultés et qui ne se payent plus. L'idée est que ces prêts puissent financer un accompagnement d'urgence de crise. " Nous pouvons apporter une contribution à hauteur de 2.000 € par mois, pour que le dirigeant de la PME en difficultés soit accompagné sur sa situation par un expert de crise. Nous finançons ainsi 80 % de l'accompagnement et 400 € restent à la charge du dirigeant", détaille Bruno Delcampe, fondateur et président de l'association SOS Entrepreneur. Les premiers prêts vont être accordés avant la fin de l'année et leur évolution sera fonction des dons reçus par l'association. "Nous ne recevons pas de subventions de la région ou de l'Etat : nous tirons nos ressources de dons des entreprises et des particuliers", explique Bruno Delcampe. Et de conclure sur ce sujet : "Il faut démystifier l'échec en France. Il n'est pas normal qu'en 2015 un dirigeant de PME ne puisse pas être conseillé en cas de difficultés, alors que dans le passé il a créé de l'emploi et de la croissance, sous prétexte qu'à un moment donné, il a mal estimé une situation".


Des propositions pour faciliter le crédit pour les PME

Dans la perspective de la Loi Macron 2, SOS Entrepreneur intervient également depuis quelques semaines auprès du Président de la République François Hollande et du Ministre de l'Economie Emmanuel Macron, avec des propositions pour faciliter la distribution du crédit aux entreprises. L'objectif affiché est double : relancer le financement du besoin en fonds de roulement et aussi relancer l'investissement. "Les fonds propres ont baissé de 60 % dans les PME depuis 2008 et par conséquent, les entreprises ont des difficultés à financer leur production (achat des matières premières, paiement des salariés...) malgré un carnet de commandes plein", regrette Bruno Delcampe. Ce dernier souhaite donc faciliter le crédit pour que les entreprises puissent financer leur BFR. Côté investissement, cette fois, Bruno Delcampe affirme : "Il faut aussi financer l'investissement car il ne reprend pas en France et donc, l'emploi non plus."

A Bercy, face à un conseiller d'Emmanuel Macron, l'association a présenté ses pistes. D'abord, "faire diminuer la portion des cautions bancaires personnelles, en supprimant notamment de celles-ci la résidence principale du dirigeant. "Cette idée a été retenue dans la loi Macron 1, mais pour les artisans et les commerçants. Nous voudrions qu'elle le soit dans la loi Macron 2 pour les PME", affirme Bruno Delcampe. Ensuite, il s'agirait également pour SOS Entrepreneur de limiter cette caution dans le temps :"Aujourd'hui, elles sont à durée indéterminée...", soupire le président de l'association. Enfin, ce dernier prône la réactivation des organismes de caution mutuelle qui existaient auparavant : "Cela pourrait être mis en place avec BPI par exemple", illustre le président de l'association avant d'ajouter : "Cette solution de substitution permettrait de libérer l'énergie créatrice des chefs d'entreprise, qui ont la trouille aujourd'hui et aussi celle des jeunes car ces cautions personnelles sont un frein à la création".


Transformer "la dette judiciaire" en dette classique

Le président de SOS Entrepreneur propose également de revoir la notion de dettes judiciaires et d'interdiction d'emprunt durant un plan de sauvegarde ou de continuation. " Les entreprises en plan de sauvegarde ou de continuation n'ont plus accès au crédit : comment une entreprise peut-elle rester compétitive si elle ne peut pas emprunter pensant 8 à 10 ans pour innover ou remplacer son outil de production ? Cela explique pourquoi 80 % des plans de sauvegarde sont convertis en liquidation...", affirme Bruno Delcampe. L'association propose qu'en cas de plan de sauvegarde ou de continuation, après avoir laissé passer une durée de deux ans prouvant que le dirigeant est en capacité de rembourser, sa dette judiciaire soit rachetée par une banque. "Cette dette judiciaire redeviendrait ainsi une dette normale, les indicateurs repasseraient au vert et l'entreprise pourrait de nouveau emprunter", explique Bruno Delcampe.