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Défaillances d'entreprises : Des signaux plus positifs en Vendée
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Défaillances d'entreprises : Des signaux plus positifs en Vendée

S'il ne s'agit pas encore d'une franche embellie, la Vendée a enregistré un tassement des défaillances d’entreprises en 2015. Le point à l’occasion de l'audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon, qui a eu lieu début janvier.

Au final, le nombre d’ouvertures de procédures collectives (liquidations, redressements et procédures de sauvegarde) s’élève à 598 dossiers sur le département de la Vendée. Certes c'est 10% de plus que l’année précédente, qui était déjà sur un niveau élevé de défaillances. Mais le chiffre est trompeur.


Plusieurs indicateurs le nuancent. Compte tenu du renvoi des audiences de décembre 2014 à début 2015, qui a artificiellement gonflé le bilan de l'an dernier, on se situe plutôt sur « un tassement du nombre de procédures », note le président du tribunal Pierre Morillon.

Pour le procureur de la République, Hervé Lollic : « On est en fait sur une stabilité voire sur une légère baisse des dossiers (…) et sur un niveau également inférieur à 2013 », une année noire en termes de dépôts de bilans.


Moins de salariés concernés
Surtout, le magistrat relève « une baisse importante du nombre de salariés concernés : 1203 personnes en 2015 contre 1864 en 2014 »… Une baisse de 30% sur un an et presque deux fois moins qu'en 2013 (2.250 salariés concernés à l'époque).


Cela signifie que ce sont les plus petites entreprises, souvent moins solides financièrement, qui trinquent. Pour beaucoup des artisans, des sociétés du BTP, des sous-traitants... Les entreprises ayant déposé leur bilan ou enclenché une procédure de sauvegarde employaient en moyenne deux personnes.

Davantage de prévention
Face aux difficultés, les dirigeants ont aussi tiré la sonnette d’alarme plus tôt, puisque les mandats ad hoc, procédures de conciliation et de sauvegarde progressent. « L'ensemble des dispositifs de prévention a concerné 86 entreprises contre 60 l'an passé», note le procureur de la République.

Ce dernier regrette toutefois « l'insuffisante formation de beaucoup de dirigeants», un sentiment «partagé par les juges qui composent les chambres des procédures collectives».

«Sans imposer, bien sûr, un passage systématique en école de commerce ou de management, diriger une entreprise suppose un minimum d'acquis, sans lesquels la péréniité de la structure est en cause , rappelle Hervé Lollic. On voit aussi régulièrement cette méconnaissance à l'origine de la mise en péril du patrimoine personnel voire familial du dirigeant !»

Une dizaines de patrons suivis par la cellule psychologique
Prendre les devants avant qu'il ne soit trop tard, l'idée reste le leitmotiv des magistrats. Car le passage au tribunal reste une épreuve difficile.

« Nous avons constaté que le chef d’entreprise est en situation de souffrance aiguë lors de la procédure, raconte Pierre Morillon. Il perd sa dignité de patron, ses revenus, son patrimoine, sa famille et peut se retrouver très vite au RSA. C’est la règle des 3D : dépôt de bilan-déprime-divorce. »


Pour faire face à ce risque, le tribunal a lancé en 2015 une association destinée à prévenir le suicide des chefs d’entreprises, baptisée Apesa. Juges, administrateurs judiciaires et personnels du greffe jouent désormais un rôle de « sentinelles » pour détecter les personnes en souffrance.

Avec leurs accords, les patronnes et patrons peuvent aujourd’hui être mis en relation avec des psychologues par téléphone. Un parcours allant jusqu’à des entretiens avec un psychologue de proximité. Apesa prenant en charge jusqu’à quatre rendez-vous. Une dizaine de chefs d’entreprises en grande difficultés ont ainsi été accompagnés l’an dernier.

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