Le préfet d'Aquitaine l'affirme : la situation économique régionale s'améliore depuis quelques mois. Les chiffres que nous publions dans notre hors-série le démontrent : la situation n'est certes pas bonne, mais elle n'est pas catastrophique. Évidemment, les chiffres cachent des disparités. Mieux vaut être un entrepreneur du numérique ou de l'aéronautique basé à Bordeaux qu'un patron d'une entreprise de BTP situé dans le Libournais ou le Médoc. Mais quels que soient les entrepreneurs que je rencontre, l'heure est aujourd'hui à la protestation. Le préfet est bien le seul à ne pas entendre le ras-le-bol fiscal des chefs d'entreprise. En Aquitaine, ce ras-le-bol est pour l'instant contenu. Exceptés les artisans, qui se mobilisent autour d'une pétition (www.sauvonslaproximite.com), et quelques gestes isolés (trois radars écotaxe brûlés début novembre), aucun soulèvement n'est à l'ordre du jour. Il faut s'en réjouir. Un entrepreneur élu à la CCI de Bordeaux et au Medef me déclarait récemment qu'il regrettait le manque de virulence de ces institutions. Les actions bretonnes étaient citées en exemple. Est-ce bien le rôle des dirigeants d'entreprise de descendre dans la rue et de brûler des équipements publics ? C'est aux corps intermédiaires de relayer le mécontentement. La presse le fait abondamment (d'ailleurs, certains patrons si prompts à dénoncer la sinistrose entretenue à outrance par les médias ne s'offusquent pas de la surexposition des protestataires de tout poil...). Les organismes consulaires et les syndicats patronaux sont également conscients de leur rôle. La situation est suffisamment grave pour ne pas jeter de l'huile sur le @email :@YannBuanec
- LE BILLET