L'idée est partie d'un simple constat: «Avec le papy-boom, ce sont aussi les compétences qui partent en retraite!», explique Pierre Monfort, le directeur du tout neuf institut des métiers (IDM) de DCNS. Pour favoriser la transmission du savoir interne à l'entreprise, cette nouvelle entité a été mise en place. Avec la signature en juin dernier avec les syndicats de l'accord de gestion des compétences, une cartographie des métiers de DCNS a été établie. 110 dans 28 spécialités ont été identifiés. Pour chacune, un représentant est chargé de rendre un rapport sur son métier et sa vision de l'avenir. Résultat: un diagnostic des emplois amené à baisser, d'autres à progresser dans les trois à cinq ans. Et surtout l'identification de passerelles permettant aux employés de se reconvertir «Toujours sur la base du volontariat», insiste le directeur.
«Navalisation»
«Tous les salariés de DNCS sont amenés à passer par l'institut, insiste Pierre Monfort. Les nouveaux embauchés, comme les autres!» Déjà 57 apprentis qui ont été embauchés en CDI en 2009 ont passé quatre semaines sur sites, dont deux, tous ensembles à Lorient. Ils s'y sont familiarisés avec l'entreprise qu'ils ont intégrée. «C'est ce qu'on appelle la navalisation, précise Pierre Monfort. Les apprentis doivent mieux connaître le navire de combat, les systèmes, le client Marine et tous les éléments théoriques qui vont avec. Ils n'ont pas vu ça en école car c'est très spécifique.» À chacun, on attribue un parrain ?senior du métier ?. «Pas un supérieur hiérarchique. Mais quelqu'un qui connaît le métier, qui peut leur dire les choses, les guider.»
Nouvelles activités
L'expérience, probante selon DCNS, sera renouvelée. Peut-être même à Brest pour les embauchés 2010. Leur nombre dépendra de l'activité «Mais à l'instant T, nous avons environ 450 apprentis.» Pour le moment le temps choisi pour effectuer ces quatre semaines est le début du contrat. Ce qui n'est pas sans causer quelques problèmes d'organisation pour des services qui attendent avec impatience le coup de main d'un nouvel embauché. «C'est un délai, mais ce sont quatre semaines très utiles à long terme. Et il est encore plus dur de faire venir les gens une fois qu'ils ont commencé leur projet.» Les salariés de longue date ne sont pas non plus oubliés. «On met en place des conférences, des formations. Elles rencontrent un franc succès. À chaque fois, on a été obligé de refuser du monde et de prévoir de nouvelles séances. Il y a une forte demande.» L'institut des métiers veut aussi s'ouvrir à l'extérieur. «Nos sous-traitants sont concernés. S'ils le demandent, nous pourront mettre en place des formations pour eux.» En interne, les quelques conférences proposées ont été prises d'assaut. L'objectif de l'IDM c'est aussi de s'adapter aux activités nouvelles développées par DCNS dans les années à venir. Et là, avec les énergies marines renouvelables, Brest est en premières lignes (cf fait du mois page2 et3).
DCNS est en pleine mutation. Pour accompagner ces changements, le groupe vient de créer un institut des métiers. Pierre Monfort, son directeur, a fait le tour de France des sites DCNS pour présenter cette nouvelle entité.