Davigel : Une filière «panga» responsable
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Davigel : Une filière «panga» responsable

agroalimentaire. Après avoir longtemps hésité à commercialiser le panga du delta du Mékong, Davigel s'est lancé sur le marché en janvier2011 en favorisant l'éclosion d'une filière certifiée Aquaculture Responsable.

L'industriel normand, spécialisé dans la restauration hors foyer (RHF) a annoncé fin avril au salon Sea Food de Bruxelles une première mondiale: la mise au point par son partenaire Ocialis (56) d'un aliment 100% végétal qui sera désormais utilisé dans la filière d'élevage du panga au Vietnam, filière sur laquelle Davigel travaille depuis 2007. Une innovation loin d'être anodine qui permet à la filiale normande de Nestlé Professional d'afficher vis-à-vis de ses clients la maîtrise d'une filière longtemps décriée.




Le panga détrône le cabillaud

Originaire du delta du Mékong, le panga, cousin asiatique du silure (autrement appelé poisson-chat), a rejoint les étales européens depuis maintenant près de vingt ans. Un poisson blanc à croissance rapide qui a séduit les acteurs de la restauration sociale (cantines scolaires, hôpitaux) en raison de son coût attractif, et dont la France est devenue le premier importateur mondial: «Il y a aujourd'hui plus de pangas élevés que de cabillauds pêchés dans le monde!», assure Laurent Froget, chef de groupe produits bruts chez Davigel. Problème, le panga traîne depuis déjà plusieurs années une réputation qui a pu refroidir l'ardeur de certains acheteurs. Au premier rang desquels se trouve Davigel: «Nous avions envoyé en 2007 un auditeur au Vietnam, qui en est revenu complètement effrayé», explique Laurent Froget qui cite pêle-mêle des poissons «bourrés d'antibiotiques», une filière en manque de traçabilité et surtout des conditions d'élevage hors de propos avec le cahier des charges maison.




Filière certifiée par Bureau Veritas

Le spécialiste de la restauration hors foyers prend alors la décision «de ramer à contre-courant» en ne commercialisant pas le produit. Avant d'engager dans la foulée «une nouvelle réflexion», reconnaît Laurent Froget. Face à la déferlante «Panga», Davigel ne pouvait définitivement pas rester à l'écart du marché. En associant un producteur local coopératif et un fournisseur d'alimentation animal breton (In Vivo), Davigel s'est lancé dans l'élaboration d'un cahier des charges qui aura nécessité deux années de travail mais qui aura débouché, in fine, sur une certification Aquaculture Responsable délivrée par Bureau Veritas fin 2010. Depuis janvier2011, Davigel était donc en mesure de commercialiser un produit tracé, affichant certes un prix un peu plus élevé mais garantissant en contrepartie une qualité supérieure. Restait que les partenaires n'étaient en mesure à cette date de ne garantir une alimentation végétale qu'à hauteur de 97%, le résidu étant composé principalement d'huiles utilisées pour «favoriser l'appétence» des granulés et donc leur bonne ingestion par les poissons d'élevage. L'annonce fin avril par Ocialis, filiale d'In Vivo dédiée à l'alimentation des poissons d'élevage, de la mise au point d'un aliment «100% végétal» certifié par un organisme indépendant permet donc à Davigel de justifier d'un avantage commercial supplémentaire. En tant qu'utilisateur exclusif de l'aliment en question, l'industriel normand compte désormais «faire évoluer le marché en le tirant vers le haut», lâche Laurent Froget.






Convaincre les acteurs de la restauration hors foyer

«Il existe un potentiel fort même si Davigel reste un acheteur modeste», explique le représentant du groupe. Mais beaucoup reste à faire pour convaincre les acteurs de la RHF souvent contraints en termes de budget mais également soumis à des pressions de plus en plus fortes «sur la traçabilité ou la sécurité alimentaire», veut croire Laurent Froget. «Nous avons un travail d'information à mener. Nous leur disons: posez-vous les bonnes questions. Voici les garanties que nous vous offrons, ensuite, le client est roi!»



Guillaume Ducable

davigel



(Dieppe) www.davigel.fr

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