Le niveau d’activité est passé de 13 à 26 millions d’euros en deux ans. Et pourtant, Ludovic Munier, le directeur général de ManutOne, ne se satisfait pas de ce résultat : "La croissance est forte, mais nous ne sommes pas là où nous devrions être". Filiale à 100 % du groupe Coopérative Agricole Lorraine (CAL), qui pèse 295 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 391 salariés, ManutOne emploie 42 salariés pour distribuer les engins de la gamme agricole de JCB, le troisième constructeur mondial d’engins, depuis son siège de Ville-en-Vermois, en Meurthe-et-Moselle ainsi que les trois bases de Reims, Metz et Wolfisheim en Alsace.
Un contrat de distribution qui nourrit les ambitions
Depuis la fin de l’année 2022, ManutOne est chargée de la distribution sur l’ensemble du Grand Est et une partie de la Bourgogne-Franche-Comté des engins dédiés aux travaux publics et à l’industrie du constructeur anglais aux 6,5 milliards de livres de chiffre d’affaires. Un beau contrat qui est venu soutenir les ambitions des dirigeants du groupe CAL et de ManutOne, qui comptaient atteindre les 40 millions d’euros de chiffre d’affaires dès l’exercice 2025.
Accélérer dans le secteur du BTP
"C’est toujours notre objectif, nous y serons dans les trois ans", affirme Ludovic Munier, malgré les difficultés rencontrées par ses clients. "L’activité du BTP est touchée par le manque de projets lié à la crise de construction", constate le directeur général de ManutOne, qui concède devoir encore faire connaître la marque JCB auprès de ses prospects du BTP. "Dans certains secteurs d’activité, c’est notre premier métier actuellement : faire connaître la gamme JCB", insiste Ludovic Munier.
En ce qui concerne la distribution d’engins dans le domaine agricole, ManutOne fait mieux que résister, malgré les difficultés du secteur. "La croissance de notre activité se fait essentiellement sur la partie agricole", souligne Ludovic Munier, qui revendique une part de marché de 35 % dans le secteur agricole. "La position dans le monde agricole, nous l’avons. L’objectif, c’est vraiment d’accélérer dans le BTP, où nous voulons aller vers les 10 voire 12 % de part de marché", précise Ludovic Munier.
Une base pour couvrir toute la zone de distribution
Pour y parvenir, le dirigeant compte notamment sur l’ouverture d’une base à Dijon, pour couvrir le nord de la Bourgogne-Franche-Comté. "Le 1er septembre, nous disposerons de 600 m2 d’ateliers", précise le directeur général de ManutOne. Une base qui devra permettre d’assurer les petits travaux sur les engins, renforçant ainsi la qualité de service. "Nos clients nous attendent, veulent nous voir nous installer avant de nous faire confiance et de signer", explique Ludovic Munier en décrivant un environnement de marché compliqué. Avec cette nouvelle agence dijonnaise, "aucun client de ManutOne ne sera à plus de 150 kilomètres d’une base", se félicite Ludovic Munier.
Le choix de l’hydrogène
Le directeur général de ManutOne compte aussi sur l’innovation technologique pour atteindre ses objectifs : le constructeur JCB a investi plus de 100 millions d’euros sur dix ans dans le développement d’un moteur à hydrogène, spécifique au groupe, permettant ainsi de mettre sur le marché une gamme d’engins de chantier "décarbonés", car fonctionnant sans gasoil. "L’hydrogène va nous apporter beaucoup", assure Ludovic Munier. Une certitude renforcée par la récente obtention de l’homologation de ce moteur à hydrogène en France, après avoir déjà décroché l’homologation à l’échelle de l’Europe.
Face aux contraintes de la recharge électrique
En parallèle de ses efforts dans l'hydrogène, JCB a aussi décliné une gamme de petits engins électriques, qui "répondent à certains besoins et certains utilisateurs", mais dont les contraintes "liées à la recharge sont importantes", estime le directeur général de ManutOne. Déjà démarché par certains grands groupes de BTP très attachés à leur empreinte environnementale, Ludovic Munier s’attend à prendre de nouvelles parts de marché grâce à ses engins à hydrogène présentant un bon bilan carbone. "Le dernier frein, c’est l’approvisionnement en hydrogène", tranche le dirigeant.