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Dans les Vosges, l’installation d’un centre de formation aux métiers de la sécurité va mobiliser 20 millions d’euros
Vosges # Cybersécurité # Formation professionnelle

Dans les Vosges, l’installation d’un centre de formation aux métiers de la sécurité va mobiliser 20 millions d’euros

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La friche industrielle des Papeteries du Souche, à Anould dans l’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, va être réhabilitée pour laisser la place à un campus proposant des formations liées à la cybersécurité, à la sécurité des personnes ainsi qu’au pilotage de drones.

L’aménagement l’intérieur du bâtiment de Cambium va mobiliser à lui seul 8,2millions d’euros, dont 2,4 millions d’euros apportés par l’État — Photo : Cambium

Le président de la Communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, Claude George, l’assure : "Le projet avance vite et nous voulons être opérationnels pour l’automne 2026". À cette date, l’élu veut voir se concrétiser un projet à 20 millions d’euros, qui doit permettre de reconvertir la friche industrielle des papeteries d’Anould, dans les Vosges, en un campus de formation aux métiers de la sécurité et de la cybersécurité, ainsi qu’au pilotage de drones.

Un projet "équilibré financièrement"

Hébergé au sein d’un bâtiment de 6 400 m2, l’ensemble des structures accueillera jusqu’à 350 stagiaires par jour, pour des formations allant du CAP au diplôme d’ingénieur. Après des années de réflexions et de montage financier, le projet entre dans une phase opérationnelle. "L’établissement public foncier du Grand Est a achevé la dépollution des sols et du bâtiment, et s’apprête à lancer la réhabilitation du clos et du couvert de l’ensemble du bâtiment", souligne Claude George. Une opération à 4 millions qui doit aboutir fin 2025 voire début 2026, pour respecter les délais et pouvoir aménager l’intérieur du bâtiment : une nouvelle opération à 8,2 millions d’euros, dont 2,4 millions d’euros apportés par l’État.

Présents au tour de table, la Région et le Département des Vosges apporteront respectivement 1,1 million d’euros et 900 000 euros. Si la Communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges s’est engagée à hauteur de 3,8 millions d’euros, Claude George le précise : "Le projet sera équilibré financièrement pour la collectivité. Nous ne gérons pas le site. Nous sommes propriétaires et nous sous-traitons par un bail commercial".

De la cybersécurité au pilotage des drones

D’après les données rassemblées par Cybersecurity Workforce, il manque 4 millions de spécialistes de la cybersécurité dans le monde et 350 000 en Europe. En France, le commandement de la cyberdéfense veut recruter chaque année 1 000 cybercombattants supplémentaires d’ici 2030. Le besoin existe, et c’est le Cnam, le Conservatoire national des arts et métiers, qui a été retenu pour y répondre en déployant des formations au sein du nouveau campus vosgien. Damien Grandjean, gérant de la société Actiss Formation, basée à Bruyères dans les Vosges et spécialisée dans la formation aux métiers de la sécurité, a déjà été retenu par la collectivité pour assurer un service de conciergerie sur le site. Ensuite, sa société, à l’étroit dans ses locaux actuels, prévoit de déménager sur le site d’Anould. "Nous formons une centaine d’agents de sécurité par an en moyenne", détaille Damien Grandjean. Ce nouveau centre de formation, très vaste, permettra notamment au dirigeant d’ouvrir une formation à l’armement : "Avoir des lieux qui respectent les normes et qui tiennent la route pour faire des formations au tir, c’est compliqué et là c’était l’opportunité", décrit Damien Grandjean. Autre développement au sein du campus, l’installation d’une antenne de la société nancéienne CFAD, opérant dans la formation au pilotage de drones.

Plus de 10 ans de réflexion

Pour aboutir, ce projet, d’abord appelé P3S avant d’être rebaptisé Cambium a nécessité plus de 10 ans de réflexion, et affiche la particularité d’être porté par une collectivité : "À ma connaissance, c’est peut-être la seule école de ce type en France à être portée par un EPCI et j’y tenais. Je souhaitais garder une certaine souveraineté sur le projet", insiste Claude George. C’est dès 2014, à peine un an après la fermeture des papeteries du Souche, à Anould, que les premières réflexions autour de l’avenir de ces 23 hectares de terrain, coupés en deux par la Meurthe, sont lancées.

Un projet "encore plus légitime" au vu du contexte géopolitique

Dès 2019, la rive gauche de la friche est livrée à des investisseurs privés : "Le modèle traditionnel a bien fonctionné", se félicite le président de la Communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges. Pour la rive droite, le scénario ne se répète pas : le bâtiment qui abritait une partie des installations de l’ancienne papeterie, le bâtiment Saint-Louis, présente la particularité d’être très solidement construit, et l’espace intérieur, d’un seul tenant, incite les élus à lui trouver un avenir. Les premières pistes de réflexions tournent autour d’un centre de formation pour les besoins du SDIS, le Service départemental d’incendie et de secours. "Mais le projet ne me semblait pas assez ouvert sur l’avenir", estime le président de la Communauté d’agglomération de Saint-Dié-des-Vosges. Au final, les tours de table réalisés avec les services de l’État vont permettre de recenser les besoins en matière de sécurité : "À l’époque, nous avions les Jeux olympiques en perspectives, mais aujourd’hui, le projet est encore plus légitime à cause des problèmes géopolitiques internationaux", pointe Claude George.

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