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Dans la Marne, McCain veut s’équiper d’une nouvelle friteuse à horizon 2028
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Dans la Marne, McCain veut s’équiper d’une nouvelle friteuse à horizon 2028

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Annoncé lors d’une visite d’Emmanuel Macron, l’investissement de 25 millions d’euros sur le site marnais permettra à l’entreprise de produire plus, tout en réduisant sa consommation de CO2. La nouvelle ligne s’accompagne de la création de cinq emplois.

McCain va injecter 350 millions d’euros pour les trois sites de l’Hexagone, dont 25 millions d’euros pour l’usine de Matougues — Photo : Antoine Repessé

Une frite sur trois consommée en France provient d’une usine McCain. À Matougues (Marne), l’un des trois sites français du groupe canadien, la production annuelle de frites (entre 620 et 650 tonnes par jour) correspond à la consommation de dix portions par jour et par an par personne. Une quantité énorme.

C’était donc "une fierté et un honneur" pour Thomas Delcroix et les 225 salariés de voir annoncer le remplacement de la friteuse de Matougues, lors de la visite du président de la République Emmanuel Macron, en mai dernier. "Une première" : le directeur général de McCain, Max Koeune, a en effet confirmé un investissement global de 350 millions d’euros pour les trois sites de l’Hexagone, dont 25 millions d’euros pour l’usine de Matougues, avec un objectif global d’augmentation de la production de 25 %.

Plus de production et moins de carbonation

1,4 km : c’est la longueur de la ligne de production de frites de Matougues, la plus importante des trois usines françaises du groupe canadien. Installée en 2001, au lancement du site, elle est vieillissante. À la tête de l’usine marnaise depuis un an, Thomas Delcroix se réjouit de cet investissement pour un site qui produit uniquement des frites pour la restauration rapide : "La nouvelle friteuse sera installée à l’horizon 2028. Elle sera plus productive, plus performante et dépensera moins d’énergie". Concilier productivité et décarbonation : voilà l’équation à résoudre pour nombre d’entreprises, dont McCain.

Thomas Delcroix est le directeur de l’usine McCain de Matougues — Photo : Micer Studio

En plus du remplacement de la friteuse, le site de Matougues bénéficiera d’une nouvelle technique d’enrobage, pour améliorer la qualité du produit, en particulier sur son aspect croustillant, et introduire, le cas échéant, des épices. Produire plus, implique de consommer plus, mais à Matougues, d’autres équipements devraient permettre de dépenser moins d’énergie carbonée. "Nous allons implémenter une chaudière biomasse à bois", poursuit Thomas Delcroix. "Nous avons aussi un récupérateur d’énergie et une turbine de cogénération (permettant de valoriser l’énergie thermique dégagée, NDLR). Nous avons également des indicateurs de suivi de consommation de l’eau, de l’électricité et de la vapeur."

45 % d’agriculteurs de Champagne-Ardenne

Outre le fonctionnement interne du site, une frite de qualité passe par "une pomme de terre de qualité" et sa production "s’approche du zéro déchet" : "Une frite éjectée du circuit est utilisée en flocons déshydratés, revendus pour élaborer des biscuits apéritifs. Les épluchures sont revendues aux agriculteurs pour le bétail", détaille le directeur.

En France, McCain achète un million de tonnes de pommes de terre auprès de 800 agriculteurs avec lesquels l’entreprise passe des contrats de longue durée, déterminant un prix et une qualité et un système de bonus-malus. À Matougues, près de 300 agriculteurs travaillent avec la marque, dont 45 % proviennent de Champagne-Ardenne. Contrairement au site du Pas-de-Calais, il n’existe pas ici de filière bio, "ce n’est pas une demande du client", mais un engagement dans l’agriculture régénératrice, qui vise la régénération des sols et favorise la biodiversité, au travers du département agricole de McCain. Le groupe a pour d’ailleurs pour ambition de convertir l’ensemble des surfaces cultivées en agriculture régénératrices d’ici 2030.

L’usine McCain de Matougues travaille avec près de 300 agriculteurs — Photo : McCain

Autant d’atouts pour continuer à rester leader dans un secteur concurrentiel ? Le groupe Champart, basé à Fère-Champenoise, a annoncé la construction d’une usine de frites pour 2026 et le lancement de la production de pommes de terre précuites d’ici fin 2024. "On prend cela comme un challenge. La zone France-Europe est très compétitive", précise Thomas Delcroix. À ce jour, McCain Foods Limited enregistre un chiffre d’affaires annuel de 14 milliards de dollars canadiens et reste leader mondial.

Marne # Agroalimentaire # Investissement industriel # Transition énergétique