Malgré un marché de la mode sous pression, le groupe Damartex poursuit son redressement sur le premier semestre de l’exercice 2025-2026. Basé à Roubaix (Nord), le distributeur de vêtements (notamment via Damart), d’équipement de la maison et de services de santé à domicile, affiche une activité globalement stable sur la période. En revanche, la rentabilité progresse nettement, fruit du travail engagé depuis plusieurs trimestres sur l’efficacité opérationnelle.
Sur ce semestre, Damartex enregistre un chiffre d’affaires de 279,3 millions d’euros, en léger recul de 1,9 % à taux de change réels. "Dans un environnement contraint, nous avons réussi à préserver notre activité tout en améliorant nos fondamentaux", commente le président du directoire Nicolas Marchand.
Une rentabilité tirée par le pôle mode
La principale amélioration concerne l’EBITDA opérationnel du groupe, qui atteint 14,1 millions d’euros, contre 12,6 millions un an plus tôt. Le résultat net des activités poursuivies, encore négatif, s’améliore également à -1,8 million d'euros, contre -2,6 millions lors du précédent exercice. Cette progression est portée par le pôle mode, composé des marques Damart et Xandres. Ce pôle reste le navire amiral du groupe, avec un chiffre d’affaires de 216,8 millions d’euros sur la période. Son EBITDA bondit quant à lui de 27 %, à 15,7 millions d’euros.
Sur un marché bousculé par l’ultra-fast fashion, le groupe a choisi de réduire l’intensité des promotions et a optimisé son mix produits, pour préserver ses marges. Parallèlement, les performances des magasins se révèlent plus solides que celles du marché, avec une activité commerciale en hausse de 3,8 % et une progression de plus de 10 % du panier moyen pour Damart. Le chiffre d’affaires du groupe réalisé en ligne croît quant à lui de 1,3 %.
Une transformation opérationnelle
La transformation opérationnelle contribue à ces résultats. Plusieurs projets logistiques, dont la mutualisation d’activités entre filiales et l’externalisation partielle de certaines opérations, devraient générer à terme un million et demi d’euros d’économies par an. Le groupe a aussi poursuivi l’optimisation de ses stocks et de son besoin en fonds de roulement, tombé à 5,8 millions d’euros contre 18,6 millions un an plus tôt.
Mais tous les métiers n’affichent pas la même dynamique. Le pôle Home & Lifestyle (équipements de la maison) recule, pénalisé par la baisse de la demande et par des investissements logistiques qui devraient produire leurs effets dans les prochains trimestres. L’activité santé progresse légèrement mais reste sous pression, notamment en raison de réformes réglementaires impactant certains dispositifs médicaux.
Des efforts à poursuivre
Pour les prochains mois, "la priorité reste de poursuivre le travail de fond engagé sur les coûts, l’optimisation des stocks et l’amélioration des marges", insiste Nicolas Marchand. Ce qui se traduira par des investissements ciblés, à la fois pour améliorer l’efficacité opérationnelle et préparer les relais de croissance. Sur ce semestre, le groupe a engagé plus de 6 millions d’euros, dont environ un million d’euros dans la logistique.
Damartex reste toutefois prudent face à un environnement économique incertain. Les tensions géopolitiques et l’évolution des coûts de l’énergie pourraient peser ces prochains mois sur la confiance des consommateurs, comme sur les coûts d’exploitation.