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Curtiss Wright regroupe ses activités charentaises pour continuer de grandir
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Curtiss Wright regroupe ses activités charentaises pour continuer de grandir

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L'entité charentaise du groupe américain Curtiss Wright, spécialiste des systèmes d'arrêt d'urgence pour les avions de chasse, a regroupé deux de ses activités sur un nouveau site de 5 000 m2 près de Cognac. Cet investissement de près de 8 millions d'euros lui permet de poursuivre une singulière croissance, tirée par l'essor des tensions géopolitiques mondiales et les besoins des armées.

Curtiss Wright fabrique à Merpins des filets de sécurité servant à l'arrêt d'urgence des avions militaires en bout de piste — Photo : Romain Béteille

Ses systèmes d’arrêts d’urgence pour les avions de chasse en ont fait un leader mondial, détenant 85 % du marché mondial. Ce 19 juin, le groupe américain Curtiss Wright (8 800 salariés, 3,12 Md$ de chiffre d’affaires), a inauguré un nouveau bâtiment industriel à Genté, près de Cognac (Charente).

D’une surface de 5 000 m2 — dont 3 780 dédiés à l’activité industrielle —, il a nécessité un investissement de 7,8 millions d’euros, porté par deux sociétés rennaises : Espace Engineering, filiale du géant bordelais du BTP Fayat, et la foncière Bardon.

Des activités regroupées sur un seul site

Curtiss Wright, qui loue le bâtiment sur un bail de 12 ans, y a regroupé ses deux activités : la maintenance de systèmes de freinage, qui était jusque-là basée à Merpins, et des filets fixes servant à sécuriser l’arrêt des avions militaires en situation de détresse sur les pistes des bases aériennes.

Cette activité de fabrication de textile technique, spécificité charentaise, était jusqu’à présent située à Cognac au sein des locaux de Safran Aerosystems, qui avait cédé à Curtiss Wright en 2022 ses activités de systèmes d’arrêts d’urgence pour avions militaires. Anciennement Aérazur, rachetée par le groupe français Zodiac Aerospace, lui-même ayant fusionné avec Safran en 2017, la riche histoire charentaise de cet industriel s’ancre encore un peu plus dans le paysage local.

L'atelier mécanique de Curtiss Wright a Genté révise les systèmes d'arrêt d'urgence des avions — Photo : Romain Béteille

"Safran nous avait de toute façon donné trois ans pour sortir notre activité textile de leurs locaux, que nous louions. Soit on devait déménager cette activité à Merpins, soit assembler toutes les activités sur un seul bâtiment. Le pragmatisme américain a fait que la décision de construire un nouveau bâtiment a été prise au bout de trois mois", résume Raphaël Alain, directeur de l’entité charentaise du géant des produits et services techniques, qui fait partie de la filiale Curtiss Wright Arresting Systems (CWAS).

"Le pragmatisme américain a fait que la décision de construire un nouveau bâtiment a été prise au bout de trois mois."

Un marché dopé par les conflits mondiaux

"Curtiss Wright a besoin de nous et de cette usine, dont ils veulent augmenter les effectifs", souligne le dirigeant. L’entreprise charentaise a connu ces dernières années un essor considérable de son activité : son chiffre d’affaires (19,5 M€ en 2024) a bondi de 66 % l’an dernier, et elle souhaite le maintenir, voire accélérer la cadence. "En 2022, nous avons fabriqué 22 filets, nous en avons sorti 107 en 2024 et on en vise 153 en 2025."

Les systèmes de sécurité de Curtiss Wright en font un leader mondial, détenant 85% du marché — Photo : Romain Béteille

Cette fabrication de filets est une spécialité du site, qui compte l'armée de l'air française parmi ses plus gros clients mais reste très tourné vers l’international — de l'Europe au Japon — et qui emploie une cinquantaine de salariés. Son essor s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées par les conflits mondiaux. "C’est un marché en forte croissance. L’Otan et les facéties de Donald Trump ont conduit à une forte augmentation des investissements dans la Défense. L’Otan, d’ailleurs, est en train de devenir un gros client", assure Tristan Lacroix, missionné pour monter ce projet d’usine qui a mis trois ans à passer de l’idée à l’inauguration.

19,5 millions d’euros

"L’essor de l’activité est aussi dû au fait que jusqu’à présent, les armées assuraient la maintenance de leur matériel et commencent à comprendre qu’on fait mieux qu’elles. Ils nous la confient de plus en plus facilement et de plus en plus souvent. La Marine va d’ailleurs stopper son activité de maintenance. Ce n’est pas encore un client, mais ça va venir", abonde Raphaël Alain. "D’ailleurs, si on décroche un contrat avec la Marine, il nous faudra des espaces de stockage supplémentaires ici." À bon entendeur.

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