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Quatre ans après sa renaissance, Rondinaud rouvre une boutique de charentaises… charentaises
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Quatre ans après sa renaissance, Rondinaud rouvre une boutique de charentaises… charentaises

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Le dernier fabricant de charentaises en Charente a ouvert début novembre sa première boutique depuis sa reprise en 2020. Symbole de la renaissance de cette PME de 117 ans, ce magasin à Angoulême en appelle d’autres même si le dirigeant, arrière-petit-fils des fondateurs, ne veut pas renouer avec les grandeurs de Rondinaud des années 1970.

Olivier Rondinaud et son équipe imaginent des modèles différents chaque année, tantôt des écossais traditionnels tantôt des tissus plus modernes. Le modèle jaune est proposé au Moma à New York, le bleu et rouge est vendu à l’Assemblée Nationale, derrière lui une charentaise Cochonou distribuée pendant le Tour de France… — Photo : Caroline Ansart

À 117 ans, Rondinaud en a vu de toutes les couleurs. Le dernier fabricant de charentaises en Charente, à La Rochefoucauld-en-Angoumois, compte aujourd’hui 18 salariés pour 1,8 million de chiffre d’affaires, loin des 1 250 employés que l’entreprise a compté dans les années 1970, son âge d’or. Elle produisait alors 40 000 paires par jour (capacité de 600 aujourd’hui) dans 18 000 m2 de locaux (contre 680 depuis 2020). Mais elle est bien vivante, elle qui a été placée en redressement judiciaire en 2017, vendue en 2018, liquidée fin 2019, et relancée sur fonds propres par l’arrière-petit-fils des fondateurs Olivier Rondinaud en 2020.

"Il faut être moteur en période plus difficile, ne pas se replier sur soi mais se montrer."

Depuis, la plus ancienne marque française de chaussons encore en production refait sa place, dynamisée par le Covid et le regain d’intérêt pour le confort d’intérieur. "Mais l’effet Covid s’est estompé, certains clients sont encore chargés en marchandises d’autant que la météo trop clémente ne nous a pas été favorable", avoue le dirigeant qui reconnaît que l’année écoulée n’a pas été bonne. Loin de se laisser abattre, ce fervent défenseur du patrimoine bataille à l’inverse pour mettre le savoir-faire de son équipe dans la lumière.

En quête de visibilité

"Il faut être moteur en période plus difficile, ne pas se replier sur soi mais se montrer", estime-t-il. D’où l’ouverture début novembre d’une boutique, à Angoulême. "La première depuis au moins sept ans. En termes de stratégie c’est de la visibilité, la possibilité pour nous de tester des petites séries et une manière d’écouler un peu de stock aussi. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de site internet vous n’existez pas, mais les points de vente physiques renforcent la capacité d’une marque. À l’international aussi cela compte." Rondinaud vend ses charentaises via 500 détaillants en France dans les centres-villes (40 % du CA), l’export (5 % du CA, aux États-Unis et de nombreux pays d’Europe), via son site internet, ainsi que des partenariats et du co-branding (Broussaud, La Pantoufle à Pépère…).

Rondinaud fabrique ses charentaises selon un savoir-faire si rare que les machines nécessaires datent des années 1950 et ne sont plus produites depuis des décennies. Bichonnées par le dirigeant lui-même, elles sont utilisées par des mains expertes comme celles de Christian, dans l’entreprise depuis 30 ans — Photo : Caroline Ansart

Rester une petite PME pour conserver un produit de niche

Cette boutique en appelle d’autres. "Deux ou trois autres, ainsi que des éphémères dont deux sont en préparation, mais pas davantage." Le carburant d’Olivier Rondinaud, c’est l’authentique. "J’ai connu la structure à 1 000 personnes et ça ne me fait pas rêver. Grossir, c’est se confronter encore plus à des problèmes de recrutement et formation, et au-delà de 20 personnes, on n’est plus en contact avec l’équipe. Je veux rester en petite PME et conserver mon produit de niche." Un produit conforme à ses débuts du XVIe siècle, composé de 60 à 70 % de laine, sans colle, issu de matières premières locales. "Dans les années 1970, nous aussi nous faisions des charentaises hors de France avec des semelles collées…" Aujourd’hui, ces semelles proviennent d’un seul fabricant au monde, la manufacture tarnaise Jules Tournier.

Le procédé de fabrication repose sur la couture et le "cousu-retourné", sans colle — Photo : Caroline Ansart

Jusqu’au Moma à New York

Parce que "la charentaise est iconique et fait partie de l’image d’Épinal du Français à côté du béret et de la baguette", selon le dirigeant, Olivier Rondinaud l’a glissée dans la boutique de l’Assemblée Nationale, et même au Musée d’Art moderne de New York. "Ce sont eux qui m’ont contacté il y a deux ans. Peut-être que notre présence à l’exposition du Fabriqué en France à l’Élysée a joué…" Rondinaud a ainsi fourni 1 200 paires cette année au Moma.

Charente # Industrie # Textile et mode # Investissement immobilier # Made in France # PME
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