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CSBT Environnement va investir 33 millions d’euros dans une usine de revalorisation de coquilles Saint-Jacques
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CSBT Environnement va investir 33 millions d’euros dans une usine de revalorisation de coquilles Saint-Jacques

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CSBT Environnement franchit une nouvelle étape de son développement avec l’entrée à son capital de trois investisseurs. La société, basée dans le Calvados, ambitionne de mettre place une filière de collecte de coques de coquilles Saint-Jacques. L’usine de valorisation de coquilles, qui coûtera 33 millions d’euros, devrait être opérationnelle en 2026.

Les collectes de coquilles Saint-Jacques seront réalisées sur les côtes bretonnes, normandes et dans les Hauts-de-France — Photo : Pixabay

C’est un projet de longue haleine. Cela fait plus de cinq ans que Christian Chantreuil, Stéphane Sabathier et Gilles Beguë-Turon travaillent, comme co-associés, sur un projet d’usine de revalorisation de coquilles Saint-Jacques en Normandie. Après une augmentation de capital de 13 millions d’euros en décembre 2024, le projet semble se concrétiser. L’usine pourrait voir le jour à Saint-Martin-des-Entrées, près de Bayeux (Calvados), en 2026.

Construire une usine de micronisation de carbonate de calcium bio-sourcé

L’augmentation de capital a été réalisée auprès d’investisseurs institutionnels et privés : le fonds d’investissement Fastea Capital et ses partenaires privés, ADEME Investissement et le groupe Eiffage, marque une étape cruciale dans notre développement. "Ces fonds nous permettront de concrétiser notre projet de développement d’une filière de collecte de coques de Coquilles Saint-Jacques et construire notre première usine de micronisation de carbonate de calcium bio-sourcé", confirme Gilles Beguë-Turon, cofondateur et directeur général de CSBT Environnement. La société a été créée en 2020 en vue de développer une nouvelle filière économique en réponse à la problématique environnementale de l’amoncellement des déchets coquilliers en France. La société est lauréate du plan France 2030 "Je construis ma première usine" et "Nouvelle filière économique".

Des coquilles valorisées pour l’industrie

L’activité de la future usine de 5 000 m2 consistera à réceptionner des coquilles de coquilles Saint-Jacques et à les valoriser au cours d’un procédé de pré- nettoyage, lavage et broyage. Le projet s’élève à 33 millions d’euros d’investissement sur une période de quatre à cinq ans.

Les coquilles de coquilles Saint-Jacques sont composées à plus de 95 % de carbonate de calcium — Photo : Julie Huricane

Le procédé mis en place par l’usine conduit à des produits finis valorisables sous forme de broyat ou de poudre de coquille (micronisation pouvant aller jusqu’à moins de 5 microns selon les demandes des industriels). "Les coquilles de coquilles Saint-Jacques sont composées à plus de 95 % de carbonate de calcium, une matière qui peut être valorisée et intéresser les domaines industriels tels que la cosmétique, la plasturgie ou encore le BTP et la peinture. Aujourd’hui, le carbonate de calcium utilisé dans ces secteurs d’activité est régulièrement extrait de mines, alors que les coquilles sont traitées comme des déchets en centre d’enfouissement ou usines d’incinération : tout cela est très dommageable pour l’environnement", regrette Gilles Beguë-Turon qui mise sur ce projet d’économie circulaire pour réduire la quantité de déchets enfouis et incinérés pour les valoriser en tant que matériaux biosourcés.

Jusqu’à 33 000 tonnes de coquilles traitées par an

L’usine sera conçue pour pouvoir traiter environ 30 000 tonnes de coquilles Saint-Jacques par an, une première en France et en Europe. "La première année, l’usine sera en capacité de traiter 12 000 tonnes pour régler l’outil industriel. L’usine montera progressivement en puissance pendant quatre ans jusqu’à atteindre une capacité de traitement de 33 000 tonnes par an. À terme, elle pourra employer 40 à 60 personnes" assure Gilles Beguë-Turon. Une usine bien évidemment à l’empreinte carbone la plus basse possible, sans utilisation de gaz, avec panneaux solaires, récupération des énergies fatales du process et récolte des eaux de pluie.

La collecte des coquilles se fera directement auprès des producteurs de ce déchet tels que les mareyeurs, halles à poissons, poissonneries, restaurateurs et grandes distributions. Des partenariats sont en cours d’élaboration avec notamment les ports d’Ouistreham, Courseulles-sur-Mer, Port-en-Bessin, Dives-sur-Mer et Dieppe. "Rien qu’à Dieppe, notre ramasseur nous assure entre 5 000 et 8 000 tonnes collectées par an". Durant la saison de la coquille (octobre à mai), CSBT Environnement table sur une collecte de l’ordre de 60 à 70 tonnes par jour de coquilles.

Le projet comprend également une dimension sociale forte puisque CSBT Environnement est associé (entre autres) avec une entreprise d’insertion professionnelle locale : COREDEMM, entreprise de collecte et de valorisation des déchets maritimes (filiale de R’Pur à Caen) pour la partie collecte aux environs des ports et leur pré-nettoyage avant leur valorisation par CSBT Environnement.

Les collectes seront réalisées sur les côtes bretonnes, normandes et dans les Hauts-de-France. Sur un plus long terme, CSBT Environnement envisage de travailler et valoriser d’autres déchets coquilliers.

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