Créateurs d'entreprise : Cinq ans après, que sont-ils devenus ?

Créateurs d'entreprise : Cinq ans après, que sont-ils devenus ?

Nous les avions rencontrés il y a cinq ans, au cours de la première année du Journal des entreprises du Rhône. Si certains des jeunes créateurs ont mis la clé sous la porte, d'autres ont contourné les obstacles et trouvé leur marché. Où en sont-ils cinq ans après? Tour d'horizon.

L'entreprise lyonnaise n'a pas dévié de sa mission: donner une seconde (voire une troisième!) vie à des matériaux dans un objet tendance. Des sacs, des poufs, des housses... l'équipe de quatre personnes (275.000 € de chiffre d'affaires en 2011) a constitué un catalogue et crée sur mesure. Les produits sont vendus en boutique en France (20%), sur internet (20%) et en direct pour des annonceurs qui souhaitent valoriser leur démarche environnementale. «Nous sommes sur une niche alors qu'on pensait qu'il y aurait un effet de masse, reconnaît Marie Imberton, sa dirigeante. On avance au rythme de la maturité des gens aux démarches environnementales...» Bâches en PVC, chutes de production de Gerflor, polyester recyclé: Réversible revisite les matières. 200.000 t de bâches ont ainsi été sauvées de l'incinérateur. «Nous sommes en train de sortir de cette image de fabricant de sac qui m'excédait. C'est une vraie reconnaissance de notre savoir-faire.» Marie Imberton est désormais seule à la tête de Réversible, son mari ayant intégré une autre entreprise il y a un an. «Il reste très impliqué dans Réversible mais cela nous permet de ne pas avoir les mêmes soucis au même moment... C'est un bon équilibre.» Le constructeur de systèmes de convoyage de manutention reconditionnables est en plein développement: il a quitté cette année Saint-Priest pour des locaux plus vastes à Mions et vise une croissance à deux chiffres en 2012 (1 à 1,2M€ de chiffre d'affaires par an jusqu'à présent). «C'est grâce à notre activité commerciale. Néolution dispose d'un réseau d'agents commerciaux en France, en Belgique, en Suisse, au Luxembourg et en Allemagne», précise Alain Parmigiani. L'ouverture d'une filiale en Allemagne, prévue dès l'origine, est toujours en projet. «C'est un marché long et difficile à pénétrer, il faut que notre volume soit suffisant. Avec 20% de notre chiffre d'affaires, ce n'est pas encore assez.» Positionnée sur un produit à «valeur ajoutée différenciatrice», Néolution vise un doublement de son activité sous trois à cinq ans. «Nous pouvons maintenant entrevoir un développement plus audacieux car nous avons consolidé nos acquis sur le plan des compétences et du financement.» Seul bémol auquel Alain Parmigiani ne s'était pas préparé: la difficulté du recrutement. «Nous avons bâti une équipe de dix personnes aux compétences solides, mais nous avons des difficultés pour trouver des ressources complémentaires, qui aient l'esprit d'entrepreneur.» «Pas facile de suivre un business plan avec des crises exogènes qui viennent le perturber! Il a fallu faire preuve de réactivité sur un marché pas encore mature», analyse Christian Gayton, cofondateur de Qoveo (initialement dénommée Qoseo). La société lyonnaise évolue sur deux métiers: la formation à distance (e-learning, serious game...) et l'édition de logiciels en mode SaaS. «Notre vision de départ, avoir un outil global orienté autour de la gestion des talents, l'évaluation, la formation, n'a pas changé. Mais nous avons revu notre cible pour les logiciels, passant des PME-PMI aux ETI et grands comptes.» L'export, envisagé d'emblée, pèsera 30% du chiffre d'affaires (trend de 1,3M€) en 2012-2013. De gros contrats sont en cours en Russie et en Tunisie, où Qoveo emploie une quinzaine de personnes, soit plus de la moitié de ses effectifs. Le financement du développement, assuré par deux levées de fonds en 2008 (planifiée dès le départ), de 500.000 €, et 2010 (plus tôt que prévu), de 1,2M€, se pose à nouveau. «Une levée de fonds est en réflexion pour asseoir le développement commercial et continuer l'exploration du territoire.» Les investisseurs historiques ayant prévu de sortir du capital d'ici à 2015, une restructuration sera à envisager. Désenchanté par la lourdeur des démarches administratives, bancaires et fiscales, et préoccupé par les difficultés de management de la génération Y, Christian Gayton n'en reste pas moins passionné. «On ne pensait pas que ce serait si long et si dur, mais à titre personnel, c'est passionnant!» L'entreprise multiprimée a acquis ses locaux à Brignais. 400m² pour développer, contrôler et monter les Syam, les systèmes d'ancrage mobile destinés à sécuriser le travail en bord du vide. Ancrage mobile service s'est adjoint une filiale en 2009, Syam distribution, et le capital des sociétés a été porté à 100.000 € chacune. Le produit séduit tant des artisans que des grands groupes, du BTP aux services de pompiers. La démarche atypique de Xavier Julliard n'a pas dérivé. «Aucun Syam n'est vendu en magasin car le produit est assorti d'une formation obligatoire puis d'un contrôle tous les ans. Nous ne nous contentons pas de vendre mais nous nous assurons que le comportement de l'utilisateur est convenable.» La prévention et la sensibilisation avant tout. Le discours dénote et les résultats sont probants: l'entreprise de quatre personnes au siège a réalisé un chiffre d'affaires de 2,2M€ en 2011 et fait travailler 20 entreprises en sous-traitance pour la fabrication des pièces, dont une quinzaine en Rhône-Alpes. Sur un marché ultra-concurrentiel des services à la personne, Les Services de Margot se distingue par une approche innovante avec un mot d'ordre: la qualité. Outre la garde à domicile des 0-3 ans, elle a ouvert sept micro-crèches à Villefranche et Lyon qui sont autant de petites entreprises. «Ce sont des projets passionnants mais difficiles à piloter sur le plan budgétaire car il y a onze places maximum et du personnel qualifié», commente Jean-Luc Bomont, cogérant. L'entreprise a acquis les locaux, gage de son engagement pérenne. «Notre secteur d'activité est subventionné et se développe avec des partenariats publics. Nous savons que nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête!» Entrepreneurs dans l'âme, les dirigeants vont donc de l'avant et proposent même des crèches à domicile ainsi que des jardins d'éveil à domicile, une innovation 2012 pour les 3-6 ans. Parallèlement, l'activité ménage-repassage, regroupée sous Les Gouvernantes de Margot, s'adresse aux particuliers et développe une offre d'hôtellerie de luxe. Au total, le chiffre d'affaire avoisine 1,5M€. Les 80 salariés, recrutés avec attention, sont formés maison. «Nous mettons beaucoup de moyens en amont, ce sont autant de tuiles en moins!»