Un CA total en hausse de 0,4% pour l'industrie alsacienne, on est loin des 2,4% prévus en début d'année et de la croissance de 4,3% de 2007. «L'export (+7,7% en 2007) contribue traditionnellement largement à la croissance du secteur, ce qui est beaucoup moins vrai pour 2008 (+0,3%). Et la contribution de l'industrie automobile est mauvaise (-2,6%). Sans elle, la croissance aurait atteint 1% pour l'industrie», a commenté Henri Jullien, directeur régional de la banque de France le 5février dernier. Tendance de même nature pour l'emploi dans le secteur, qui chute de 3,4%. Les investissements, qui ont augmenté de 18,6% grâce à quelques gros projets, devraient décroître de 19,9% en 2009, et donc revenir au niveau de 2007. En fait, les différentes filières ne se comportent pas toutes de la même façon (voir tableau ci-dessus). À noter, les industriels font également face à une érosion de leurs marges. Si l'industrie est le secteur qui a le plus souffert en 2008, les carnets de commande ont plongé dès mars et encore plus à l'automne, les autres ont vu leur croissance ralentir et prévoient une année 2009 difficile.
BTP et transports
Dans le BTP et les transports, la croissance a également ralenti, mais dans une moindre mesure. Le BTP (+7% de CAcontre+8,2% en 2007) a profité d'un bon début d'année et les emplois (+3,4%) ont davantage augmenté qu'en 2007 (+1,3%), tandis que les investissements ont reculé. Dans les transports (+6,2% de CA;+9,2% en 2007, l'investissement a également été moins soutenu et les emplois ont eux décru (-0,2%). La progression du chiffre d'affaires est d'ailleurs à mettre sur la hausse des coûts dans la mesure où les volumes ont baissé. La rentabilité serait d'ailleurs en baisse pour 42% des entreprises alsaciennes de transport. Les services marchands pâtissent également de la dégradation de la conjoncture et de l'inquiétude des ménages. Le manque de visibilité rend toutes les entreprises très prudentes dans leurs prévisions et leurs programmes d'investissements.
Sans surprise, le bilan 2008 présenté par la Banque de France le 5février dernier, et surtout les prévisions 2009, ne sont pas réjouissants.