Le Finistère aura donc été épargné six mois, peu ou prou. Dans le département, le taux de chômage était de 7% à fin février2009. Inférieur à la moyenne nationale (7,8%) mais supérieur à celle de la Bretagne (6,6%), ce niveau pourrait s'aggraver encore dans les mois à venir. Chez les jeunes, la situation est préoccupante avec une augmentation en mars de 29% du nombre de chômeurs de moins de 25 ans sur un an. Sur les 90 derniers jours, les annonces de plans sociaux se sont succédées en Finistère. Entérinés chez Novatech (Pont-de-Buis), ils sont encore en négociation pour les salariés de Livbag, Cummins Filtration (Quimper) et Asteel (Douarnenez). «Au total, cela représente environ 500 emplois», indique Pascal Mailhos, le préfet. «Ces suppressions de postes ne se traduisent pas nécessairement par des licenciements, grâce aux plans de sauvegarde de l'emploi.» À la fin du premier trimestre 2009, cinq PSE étaient engagés et deux étaient envisagés pour un total de 487 salariés très précisément.
Automobile et électronique
touchés
Il faut noter que ces suppressions d'emploi touchent surtout des poids lourds de l'économie finistérienne officiant dans deux secteurs identifiés: l'automobile (235 salariés concernés) et l'électronique (116 salariés). Après l'Ille-et-Vilaine et le Morbihan, c'est donc au tour de deux sous-traitants automobiles finistériens d'être impactés par la récession économique. Délicat pour autant de généraliser des situations sensiblement différentes chez Cummins Filtration et Livbag (Pont-de-Buis) (voir page11). Report des commandes ou remontée de trésorerie, chaque entreprise a ses particularités. «Le passage de l'été va être capital», répète inlassablement Pascal Mailhos qui continue d'organiser des comités de suivi départemental de la situation économique. Face à cette conjoncture, les 17.000 TPE finistériennes (51.000 emplois) joueront-elles un rôle d'amortisseur social? C'est le voeu de l'État à travers le dispositif d'aides à l'embauche (mesures pour l'apprentissage, contrats de professionnalisation, contrats aidés...) En attendant, le Département a rappelé qu'il avait engagé 170millions d'euros en 2009, contre 145M€ en 2008, afin de fournir un plan de charges aux sociétés fragilisées dans le BTP.
Préservé de la crise, le département l'a longtemps été. Mais les mois d'avril et de mai ont, semble-t-il, marqué une rupture. Les plans sociaux des entreprises finistériennes concernent près de 500 emplois à ce jour.