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Confortée dans son modèle d’intégrateur, SeaOwl Technology Solutions prépare son industrialisation dans le Var
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Confortée dans son modèle d’intégrateur, SeaOwl Technology Solutions prépare son industrialisation dans le Var

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La PME SeaOwl Technology Solutions prépare sa mutation, de bureau d’études à industriel. Lauréate du programme "première usine", elle renforcera son ancrage à Ollioules, à l’Ouest de Toulon, d’ici à 2027 tout en conservant son avance technologique dans le monde des navires télé-opérés et autonomes.

L’InSPEAR en phase de test à Toulon. InSPEAR est un navire-drone de 10 mètres de long, qui peut être télé-opéré depuis un centre à terre ou mener des missions en autonomie, notamment des actions de surveillance et de protection dans les champs gaziers offshore et dans les ports — Photo : SeaOwl

Filiale du groupe maritime SeaOwl (plus de 1 000 collaborateurs, CA 2023 : 120 M€), la société SeaOwl Technology Solutions a vu le jour à la faveur de la reprise de l’entreprise seynoise Sofresud, "une entreprise gérée en bon père de famille pendant 25 ans, avec un chiffre d’affaires assez constant", souligne Mathieu Glade, le directeur général. Depuis la conclusion de cette opération en 2019, la filiale spécialisée dans les systèmes de défense navale a développé de nombreux marchés. Elle a récemment emménagé dans des locaux plus grands, à Ollioules, toujours à l’ouest de Toulon et projette désormais de créer sa première usine, à quelques mètres, sur un terrain du technopôle de la mer.

Une première usine

"Avec le groupe SeaOwl, qui développe navires télé-opérés et drones de surface pour l’offshore pétrolier et gazier et la Défense, nous partageons la même volonté de croissance. Ensemble, nous avons fait le choix d’anticiper le stade industriel, de nous donner les moyens de passer d’un bureau d’études à une société industrielle capacitaire", explique Mathieu Glade.

Mathieu Glade, directeur général de SeaOwl Technology Solutions — Photo : SeaOwl

Le projet est lauréat du dispositif "première usine" du programme France 2030 et il est épaulé par les collectivités locales, la Région Sud, la métropole Toulon Provence Méditerranée et la commune d’Ollioules. L’ingénierie financière du projet est en cours d’achèvement et la sortie de terre de l’usine de 3 000 m² est prévue pour 2027. "L’investissement est chiffré à 7 millions d’euros. Il est indispensable à notre développement, soutenable économiquement, mais il nous faut encore définir la meilleure solution de financement", précise le dirigeant.

D’ici 5 à 6 ans, SeaOwl Technology Solutions devrait compter pas loin de 100 personnes. Ils sont déjà 50, contre 14 il y a quatre ans et une équipe industrielle de six personnes a d’ores et déjà été recrutée, constituant "les têtes de pont de la future usine". Le chiffre d’affaires a lui aussi "grandit vite et bien", passant de 3,5 millions d’euros en 2022, à 6,5 millions d’euros en 2023. "Nous visons les 10 millions d’euros en 2024, 13 à 14 millions d’euros en 2025", précise Mathieu Glade. Lorsque l’entreprise comptera 100 personnes, l’activité avoisinera les 30 à 40 millions d’euros annuels. "Notre ambition est de croître sereinement, de passer le cap industriel sans générer de risque pur", ajoute le dirigeant.

Un projet technologique et humain

Si ce projet industriel a pu voir le jour, c’est parce que jusque-là, l’entreprise a connu "une première phase de développement très heureuse. Nous avons bâti chez nous un esprit d’équipe. Nous y avons mis une énergie farouche. Nous avons fait des choix forts en termes de recrutement, intégrant de très bons ingénieurs, qui ont été séduits par notre projet technologique et humain. Nous avons développé un tissu de sous-traitants et de fournisseurs régionaux et sommes membres du Pôle mer Méditerranée", détaille le directeur général.

Depuis 2019, SeaOwl Technology Solutions a embauché, passant de 15 à 50 personnes — Photo : SeaOwl

SeaOwl Technologies Solutions s’est aussi dotée de moyens, avec un siège social à Ollioules, un hangar à La Farlède à l’est de Toulon pour l’intégration et les tests des systèmes et l’obtention d’une Autorisation d’occupation temporaire du domaine public auprès de la ville de La Londe-les-Maures pour l’expérimentation en mer.

La rupture technologique dans le monde maritime

Ces cinq dernières années, l’entreprise s’est développée autour de différents axes, investissant 30 % de son chiffre d’affaires en R & D. Elle a ainsi amélioré le produit phare de Sofresud, le désignateur naval portable (Intuitive Pointing Device), destiné à l’auto-défense rapprochée des navires et exclusivement réservé à un usage militaire.

SeaOwl a aussi confirmé sa vocation d’intégrateurs de systèmes, "un choix assumé", selon les mots de Mathieu Glade.

La filiale a ainsi concentré ses efforts pour devenir demain un acteur incontournable des navires autonomes et des navires télé-opérés. Elle a mené un programme de 4 années de développement autour d’un navire autonome de surface, "un navire intelligent" pour assurer la sécurité et la sûreté de sites comme des plateformes pétrolières ou des ports, pour réaliser des opérations de surveillance maritime, pour détecter des menaces potentielles. "Nous avons par exemple récemment séduit Total pour assurer la sûreté d’une plateforme pétrolière au Nigeria."

Une première mondiale

Dans un souci d’innovation constante, les ingénieurs de la PME ont également développé l’autonomie décisionnelle des navires, avec évitement automatique d’obstacles, "ces navires ont des missions à réaliser, mais ne sont pas télécommandés… À la différence des navires télé-opérés, autre terrain de jeu de SeaOwl pour répondre aux besoins de pilotage à distance du monde maritime. "Nous avons mis au point une innovation de rupture dans le domaine des navires de transport logistique. En 2020, nous avons réalisé une première mondiale. Nous avons validé techniquement et réglementairement la possibilité de télé-opérer un navire à grande distance, d’une région du monde à une autre, par un officier de marine marchande et décroché un permis de navigation", raconte le dirigeant, qui place son entreprise parmi les plus avancées dans ce domaine.

Grandir à l’international

En 2023, SeaOwl a signé un accord avec ADNOC Logistics & Services, la branche expédition et logistique maritime d’ADNOC (la principale compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis), pour la conception de navires télécommandés sans pilote, de 60 mètres et 3 000 tonnes, capables de transporter des véhicules, des équipements et des fournitures. "Nous avons passé avec succès la revue critique du design et devrions lancer la production d’ici la fin de l’année et avoir un premier navire télé-opéré opérationnel en 2026."

Le navire autonome conçu par SeaOwl Technology Solutions pour Adnoc L & S. Il sera opéré par satellite depuis un centre de contrôle à terre — Photo : SeaOwl

Demain, l’avenir de SeaOwl s’écrira à l’international. Une équipe de 5 personnes a été recrutée pour ce faire. "Nous ciblons prioritairement le Moyen Orient et l’Asie du Sud-est, nous explorons aussi l’Europe du Nord avec Business France. Le plus souvent, nous tavaillons en partenariat, que ce soit avec la Team France Export ou avec des entreprises locales qui portent notre offre", explique Mathieu Glade.

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