Face à la flambée de la vacance commerciale en centre-ville qui atteignait 14 % en 2024 contre 6 % en 2010, la reprise par le gouvernement de certaines mesures issues du rapport sur l’avenir du commerce de proximité ne s’est pas fait attendre. Serge Papin, ministre des PME et du commerce a annoncé avoir retenu neuf actions issues des recommandations de Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin, Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires, et Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U.
Éviter de toucher les entrepôts des commerces de centre-ville
La taxe sur les entrepôts logistiques et les centres de distribution des géants du numérique proposée dans le rapport a cependant été écartée. Les rapporteurs proposaient aussi d’aller plus loin en taxant les surfaces de stockage des entrepôts dès qu’elles dépassent 400 m².
Pour le cabinet de Serge Papin, cette proposition n’a pas été retenue car elle pourrait impacter aussi les centres-villes. "Les commerces de centre-ville ont des entrepôts à quelques kilomètres et on ne peut pas cautionner cette taxe, qui ne va pas dans le sens que l’on souhaite", selon le cabinet du ministre.
Si cette proposition "mérite d’être creusée avec les rapporteurs", elle ne représente pas "une mesure prioritaire pour la redynamisation des centres-villes", indique le cabinet de Serge Papin. Il faudrait notamment mettre en place une distinction juridique entre les entrepôts, pour ne pas désavantager ceux qui approvisionnent les commerces de proximité.
Garder un œil sur les transmissions d’entreprises
Parmi les neuf mesures retenues, trois peuvent être mises en place rapidement selon le cabinet de Serge Papin. La modification de la taxe sur les friches commerciales pourra être effective dès le vote du projet de loi de finances. Le gouvernement présentera un amendement qui vise à permettre aux élus locaux de mieux cibler les zones d’application de la taxe. Et inciter les bailleurs à rouvrir les portes de leurs locaux commerciaux.
Le financement de managers de centre-ville (dont le rôle est de mettre en œuvre les orientations de la politique commerciale souhaitée par les élus) et la redynamisation des foncières commerciales, avec le soutien financier de la Banque des territoires, sont aussi des mesures qui peuvent être mises en place rapidement selon le cabinet de Serge Papin.
La transmission des commerces est aussi un enjeu pour Serge Papin alors que le secteur hôtellerie-cafés-restauration et les commerces représentaient 57 % des cessions réalisées en 2024. Si ce sujet ne fait pas partie des mesures du gouvernement, le ministère en charge des PME et du commerce indique qu’il présentera, d’ici fin 2025, les conclusions de la mission sur la reprise d’entreprises, lancée en juillet dernier.