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Comment le normand Celfy parvient à défier la crise du bâtiment
Calvados # BTP # PME

Comment le normand Celfy parvient à défier la crise du bâtiment

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Celfy, le spécialiste normand de l’installation et la rénovation de plomberie, chauffage, ventilation et climatisation pour les professionnels, a pris possession de son nouveau siège social à Grentheville. Dans un secteur du bâtiment en crise, la PME est toujours en croissance. Explications.

chantier, Celfy, Colombelles, BTP — Photo : Celfy

Fondée à Caen en 1945, l’entreprise Celfy, spécialiste de l’installation et de la rénovation en plomberie, chauffage, ventilation et climatisation pour une clientèle professionnelle, fête, en cette année 2025, ses 80 ans.
L’entreprise a connu une croissance remarquable au cours de la dernière décennie. Depuis 2015, son chiffre d’affaires est passé de 6 millions à plus de 40 millions d’euros, et son effectif est passé de 50 à près de 300 salariés. Symbole de cette expansion, la PME a inauguré, après onze mois de travaux, un nouveau siège social à Grentheville, en périphérie de Caen. Plus de 4,2 millions d’euros ont été investis dans ce nouveau bâtiment qui compte 2 500 m2 d’entrepôts et 1 500 m2 de bureaux. Un nouveau siège social met en avant la transition énergétique et le développement durable.

"Notre rythme de croissance est 5,7 % par an et nous tablons sur un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros pour 2025" Marc Rollet, président de Celfy — Photo : Isabelle Evrard

"Notre rythme de croissance est de 5,7 % par an et nous tablons sur un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros pour 2025"

"Notre ancien siège de Cormelles-le-Royal était devenu trop petit. Notre rythme de croissance est de 5,7 % par an et nous tablons sur un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros pour 2025", confie Marc Rollet, président de Celfy depuis 2015.

Le nouveau siège social de Celfy a coûté plus de 4,2 millions d’euros — Photo : Celfy

Des agences pour monter en puissance

La PME normande tire son épingle du jeu dans un marché du bâtiment qui vit des heures sombres depuis de longs mois. Pour 2024, la Capeb fait ainsi état de 14 000 fermetures d'entreprises et de 27 000 suppressions d'emplois dans l'artisanat du bâtiment en France. La Fédération Française du Bâtiment estime de son côté qu'entre 30 000 et 40 000 emplois ont été supprimés l'année dernière dans l'Hexagone. Et sur le marché de l'immobilier neuf, dont dépend une partie du business de Celfy, la dégringolade est vertigineuse, avec des ventes qui se sont encore écroulées de 16 % au premier trimestre, selon la Fédération des promoteurs immobiliers.

Comment Celfy parvient-elle à défier la crise du secteur ? Une partie de la réponse réside dans la capacité de la PME normande à étendre son terrain de jeu. Ces derniers temps, elle a multiplié les ouvertures d'agences : "Ce sont nos relais de croissance : à l’agence de Caen, s’est ajoutée celle d’Hannebault dans le Pays d’Auge, celle du Havre en Seine-Maritime, et de Canisy près de Saint-Lô dans la Manche en 2023. L’année 2025 a vu s’ouvrir l’agence Cotentin à Tourlaville, aux portes de Cherbourg", ajoute le président.

Autre facteur qui encourage la croissance de l'entreprise: la confiance accordée à l'entreprise. "Ce sont les promoteurs qui nous l'assurent : ils ont moins de programmes et ont du mal à vendre leurs biens immobiliers. S'il y a un problème qu'ils peuvent éviter, c'est d'avoir plein de soucis sur les chantiers, des fuites dans les plomberies ou dans les installations de chauffage, des retards… et donc d'avoir des clients insatisfaits. La qualité du chantier est donc primordiale et c'est là que nous intervenons. Ils nous font confiance. Les promoteurs font aussi le choix de privilégier des acteurs locaux qui sont enracinés sur le territoire normand", explique Marc Rollet.

40 % des bénéfices de l'entreprise sont redistribués chaque année à tous les salariés, ce qui représente en 2024, 1,75 million d'euros — Photo : Celfy

Plusieurs activités et marchés

Une autre des forces de Celfy, c'est qu'elle est positionnée sur plusieurs segments de marché. Les installations des bâtiments industriels, tertiaires, les promoteurs immobiliers, les bailleurs sociaux comptent parmi ses principaux chantiers : "Les activités tertiaires (bureaux, hôtels…) représentent 42 % de notre activité. Nos grands chantiers récents terminés sont le Palais des Sports de Caen, la rénovation d’un bâtiment de l’Université de Caen, la construction du nouveau bâtiment tertiaire de l’entreprise Legallais à Epron… La construction de logements neufs pour les promoteurs immobiliers représente 40 % de notre chiffre d’affaires. La rénovation de logements sociaux s’élève à 8 % de notre chiffre d’affaires", explique le président. Le reste de l’activité de Celfy est constitué par une activité de services pour les copropriétés et une activité de maintenance pour les bâtiments tertiaires dont l’entreprise a assuré la construction.

Un atelier pour internaliser le plus possible d’activités

L’entreprise continue de soigner sa diversification. La partie "activité industrielle" est en train de se développer via ses agences de la Manche. En 2023, outre la création de l’agence de Canisy, l’entreprise a investi 300 000 euros dans Celfy Fab, un atelier de chaudronnerie, serrurerie dans lequel travaillent sept salariés : "L’idée est d’entamer une démarche éco responsable et développer le hors site : nous voulons préfabriquer le plus possible d’éléments au sein de notre atelier, de façon à avoir le moins de déplacements possibles sur des chantiers, ce qui réduit considérablement l’impact carbone de notre entreprise," explique Marc Rollet. "Celfy Fab travaille également pour des entreprises industrielles extérieures principalement manchoises : cette activité est en train de se développer doucement mais sûrement, à tel point que nous avons déposé un nouveau permis de construire pour tripler la surface de l’atelier. 1,2 million d’euros devrait être investi dans cette extension."

Celfy Fab intègre une activité de câblage électrique, avec la fabrication des armoires électriques, une activité jusqu’alors sous-traitée : "Nous sommes aujourd’hui totalement autonomes sur ces sujets, et c’est bien notre objectif : internaliser toutes ses fonctions, qui étaient jusqu’alors sous-traitées."

Carnet plein pour les 14 prochains mois

Preuve de croissance continue, le carnet de commandes de l’entreprise normande est plein pour les prochains quinze mois, même si le chef d’entreprise reconnaît "ne pas avoir d’objectif de développement": "Notre seul objectif est de livrer les chantiers en temps et en heure. En ce début 2025, nous avons beaucoup plus de commandes que de chiffre d’affaires effectué", se félicite Marc Rollet.

Qui dit carnet de commandes, dit besoin en mains d’œuvre. "Les effectifs se sont accrus de plus 49 salariés en 2024. L'entreprise envisage de créer encore une trentaine de postes en CDI en 2025 (15 ont été déjà recrutés)", confirme Marc Rollet. L’entreprise mise aussi sur l'apprentissage et forme chaque année beaucoup d’apprentis : "32 sont actuellement employés dans l’entreprise et nous avons reçu 90 stagiaires en 2024. Nous avons la chance de recevoir beaucoup de candidatures spontanées. L’entreprise reste très investie dans la formation des jeunes. Nous avons très peu de turn-over", se félicite Marc Rollet. Une dynamique qui n’est pas près de changer avec les nombreux chantiers à venir déjà signés.

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