Alpes-Maritimes
Comment la PME cinquantenaire Sépalumic veut capter les nouvelles générations
Interview Alpes-Maritimes # BTP

David Julien David Julien Comment la PME cinquantenaire Sépalumic veut capter les nouvelles générations

À cinquante ans tout rond, la PME familiale Sépalumic, spécialiste des profilés aluminium qui pèse quelque 10% du marché national, prépare son avenir en repensant son organisation pour correspondre, demain, aux attentes des jeunes générations.

C'est une belle PME azuréenne. Une des dernières, si ce n'est la dernière entreprise familiale indépendante de son secteur qui, depuis un demi-siècle, gravit les échelons sur la pointe des pieds. Fondée en 1967 par la famille Vidal-Revel, spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes de menuiserie aluminium (profilés, fenêtres, vérandas, etc.), Sépalumic pèse, avec près de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires pour 335 collaborateurs répartis sur 10 sites de stockage et de production, quelque 10 % du marché national. Et challenge sans rougir les grands comptes européens avec, comme fils conducteurs, l'innovation, l'audace, la proximité et une certaine élégance à la française. Des valeurs qu'il s'agit aujourd'hui de faire perdurer au travers d'un projet, Nouveau Souffle, centré sur l'humain. Histoire de préparer les cinquante prochaines années de ce fleuron azuréen, dirigé depuis deux ans par David Julien. Interview.

Le Journal des entreprises : À quoi ressemblera le Sépalumic de demain ?

David Julien : « Honnêtement, je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c'est que l'entreprise va devoir s'adapter pour correspondre au marché et aux générations de demain. Dès lors, la question de comment transmettre se pose ? Si je n'ai pas de recette toute faite, j'ai toutefois une idée de ce qu'il ne faut pas faire, comme se séparer des aînés pour ne miser que sur les jeunes. C'est le mix des deux, qui bien souvent ne se comprennent pas, qu'il faut réussir. Mon ambition, avec Nouveau Souffle, est donc d'anticiper cet affrontement générationnel pour transmettre au mieux nos savoir-faire et faire en sorte que, dans 50 ans, Sepalumic soit toujours là, avec cette même audace, ses mêmes valeurs. »

Pour ce faire, vous avez fait appel à la start-up parisienne, The Boson Project. Quelle est sa mission ?

D.J. : « Sa mission consiste à libérer la parole des collaborateurs pour comprendre les leviers de leur engagement, connaître leurs attentes avec tout un travail sur les générations X et Y dans le but d'intégrer les nouveaux talents qui relèveront les futurs défis de Sepalumic. »

Comment procède-t-elle ?

D.J. : « On est dans une démarche proche de l'anthropologie. Elle durera un an. Un premier audit de 45 salariés, tous sites confondus et sur la base du volontariat, a déjà permis de définir trois projets d'amélioration sur lesquels sera interrogé l'ensemble de l'effectif. Avant une mise en application progressive. »

Quelles sont ces pistes d'amélioration ?

D.J. : « C'est encore confidentiel, mais disons que chez les jeunes générations, l'éthique de l'entreprise, sa renommée, ses valeurs ont bien plus d'importance qu'on ne le croit, plus d'importance même que le marketing. D'où ma volonté d'inscrire nos valeurs dans l'ADN de Sépalumic. Or, on s'est rendu compte que plus on s'éloignait de l'épicentre de l'entreprise, plus le message se diluait. C'est toute la difficulté d'une entreprise multi-sites et multi-régions. Autre piste de travail, certains jeunes cherchent dans l'entreprise un moyen de se réaliser, d'entreprendre. C'est le phénomène de l'intrapreneuriat. Or plus on grossit, plus la hiérarchie et l'organisation se sclérosent. Il faut donc réussir à libérer des petits groupes de personnes qui souhaitent travailler de manière transversale. Et ainsi faire en sorte que Sépalumic soit perçue comme une entreprise qui donne les capacités à ses salariés de vivre l'aventure qu'ils ont envie de vivre. Toute l'ambition est là, qu'on ne vienne plus chez Sépalumic par hasard. »

Cela ne suppose-t-il pas de mener un travail sur la notoriété de Sépalumic ?

D.J. : « On y travaille, et ce via le biais des valeurs et du produit. Ainsi Sépalumic s'est-elle associée en octobre 2015 à l'aventure humanitaire Sail for Water, un tour du monde à la voile de deux ans en faveur d'un accès universel à l'eau potable. On se penche également sur la question de la reconnaissance de notre travail, sa mise en valeur. Or rien de plus difficile pour ceux qui ne sont pas du métier de distinguer une fenêtre d'une autre. C'est pourquoi nous avons fait appel au designer italien Pininfarina pour imaginer des poignées signatures, baptisées Audace. Elles seront lancées en septembre. L'objectif étant d'associer la marque Sépalumic à un gage de qualité et de fabrication locale. »

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