«Prokodis a dès le début fait appel aux travailleurs souffrant d'un handicap, mais c'est fin 2007 lors d'une réunion avec Gérald Roux (DG de Kone France, maison mère de Prokodis, ndrl) concernant le personnel handicapé que j'ai appris qu'on avait la possibilité d'intégrer un atelier Esat au sein de l'entreprise. Nous avons tout de suite vu les avantages. Cela nous permettrait de supprimer l'ensemble des coûts administratifs et logistiques: plus de comptage ni de colisage à préparer, de bordereaux de livraison à sortir, de contrôle à effectuer... J'ai donc pris contact avec le directeur du Cat Alberti, ainsi qu'avec la médecine du travail. Très rapidement, nous avons reçu un groupe de 20 à 25 personnes venues visiter l'usine, à qui j'ai expliqué les différents postes de travail. Ils se sont ensuite retrouvés entre eux avec le personnel encadrant de l'Esat pour discuter. Certains ont exprimé l'envie de venir, d'autres pas du tout, effrayés par la tâche. Le médecin du travail et un psychologue ont reçu les candidats et défini un groupe de huit personnes qui a démarré en février2008.
Une intégration réussie
On s'est bien douté qu'il pourrait y avoir un frein à cette intégration, notamment du point de vue des salariés Prokodis. Nous les avons réunis par groupes de travail pour leur expliquer ce que l'on souhaitait faire et comment vivre avec ces personnes. Ce sont des handicapés mentaux légers et l'un des dangers, c'est qu'au bout de quelque temps, on ne fait plus attention au handicap. Il faut toujours veiller à adapter son comportement et garder son calme. À part ça, l'intégration s'est très bien passée. Au fil des mois et des années, on ne fait plus de différence. Ils ne sont pas entre eux comme on pourrait le penser, ils se mélangent, rigolent avec tous et sont même moteurs de la vie en entreprise. C'est eux, par exemple, qui ont souhaité créer un boulodrome à l'extérieur de l'usine.
Gagnant-gagnant
Je n'ai pas voulu faire un atelier à part, ni eu besoin d'adapter leur poste de travail, que j'ai réparti parmi les postes de travail des salariés Prokodis. Une partie s'occupe du montage mécanique, l'autre du colisage. Chaque mois, l'Esat me facture un nombre d'heures de présence. Leur taux horaire est nettement moins cher qu'un intérimaire car il comprend des subventions de l'État et du Conseil général. Évidemment, certains vous répondront qu'en termes de productivité, un intérimaire est bien plus efficace qu'une personne subissant un handicap... Peut-être mais c'est du gagnant-gagnant. Depuis leur arrivée, ils ont beaucoup progressé dans leur comportement. Et avec l'habitude, le travail qu'ils fournissent me convient parfaitement. Leur présence nous a également amenés à réfléchir sur un certain nombre de process qui peuvent aujourd'hui servir à tout nouveau venu au sein de l'entreprise, qu'il soit personnel Prokodis ou personnel intérimaire.»
Prokodis
(Cantaron) Dirigeant: François-Dominique Tissot 60 salariés Chiffre d'affaires 2009: 24M€ @email Tél.: 04.93.91.54.20