Pour favoriser la longévité et le réemploi, il est fondamental d’appréhender la seconde vie des équipements dès leur conception, mais aussi lors de leur commercialisation. Cette démarche proactive permet de s’inscrire dans une approche circulaire, dépassant les discours teintés de greenwashing. Car le recyclage et le reconditionnement doivent devenir des préoccupations constantes. Ce bien est-il adapté pour un reconditionnement futur ? Peut-il être réparé, remis sur le marché ? Si oui, avec quel partenaire technologique et quel organisme de financement collaborer ?
Les collectivités publiques montrent l’exemple avec l’obligation d’intégrer dans leurs achats entre 20 et 40 % de matériel reconditionné ou comportant des matières recyclées. Le marché est logiquement en train de se structurer autour d’entrepôts, de systèmes logistiques et d’usines dédiées. Paradoxalement, ces acteurs font face à une pénurie de matériel à reconditionner. Les organismes financiers ont donc un rôle crucial à jouer pour alimenter ces filières indispensables au modèle circulaire.
Le financement locatif comme catalyseur
Les entreprises cherchent à optimiser leurs investissements. En optant pour la location, elles comprennent que dans la valeur payée, une part correspond à la valeur résiduelle. Elles veulent payer le prix juste considérant que l’équipement peut être valorisé à travers sa seconde vie. Les organismes de financement deviennent ainsi des acteurs centraux dans cette transition vers une durabilité économique et environnementale. L’évaluation de la valeur résiduelle reste toutefois délicate. Par exemple, l’état d’un smartphone en fin de contrat impacte fortement sa valeur. L’ajout de protections (coque, vitre) avant sa mise en service et l’intégration d’une assurance pour couvrir la casse améliorent largement sa réutilisation future. Il est donc indispensable de penser son offre de façon plus globale en intégrant des services associés.
Vers une généralisation du modèle
Si certains secteurs comme la téléphonie ou l’informatique ont déjà adopté ce modèle vertueux, d’autres domaines, comme la distribution automatique ou la sécurité, sont concernés. Ces marchés peuvent s’inscrire dans une démarche durable, à condition que la conception initiale intègre les contraintes du recyclage. C’est pourquoi il est nécessaire de développer des filières spécifiques et d’établir une collaboration entre fabricants et " brokers " pour intégrer davantage de modularité dans la conception.