L'administration a engagé depuis quelques mois une politique de rationalisation et de centralisation des achats de l'État. Le point d'orgue a été la création du service des achats de l'État par décret du 17mars 2009 et l'adoption du principe de massification des achats courants. Pour les organisations patronales, «cela revient finalement à inciter les acheteurs locaux à utiliser le marché national au détriment des PME et de leur territoire». Exclues de certains marchés publics, PME et TPE n'entendent toutefois pas se laisser faire et se sont réunies autour de l'UPV, de la CGPME Var et Paca et du Medef Var et Paca pour créer une commission de la «commande publique», présidée par Jacques Rouard.
«Faire jouer la concurrence locale»
À travers cette commission, les différentes organisations font part de leur détermination à défendre les intérêts de leurs adhérents et demandent trois choses. Que ne soit pas systématisée la concentration des achats au niveau national. Que les commandes publiques bénéficient d'allotissements, permettant ainsi aux PME et TPE d'y répondre. Que l'esprit du décret du 19 mars 2009 soit respecté. «Nous ne demandons pas de passe-droit. Nous voulons simplement que les PME aient encore la possibilité de servir l'État. Il faut faire jouer la concurrence locale», souligne Jacques Bianchi.
Sensibiliser toutes les entreprises
Les représentants patronaux souhaitent aussi, à travers cette commission, sensibiliser l'ensemble des entreprises. «Beaucoup d'entrepreneurs n'ont en effet pas encore conscience du phénomène de massification des achats de l'État parce qu'ils ne sont pas encore concernés. Mais ils le seront bientôt», remarque Jacques Rouard, directeur général de Charlemagne et qui fut l'un des premiers entrepreneurs à donner l'alerte. Dirigeant d'une PME du secteur des fournitures de bureau, il constate depuis le début de l'année cette dérive de la commande publique, et notamment au ministère de la Défense, qui constitue dans le Var un important client pour bon nombre de PME. «Tous les achats courants sont dorénavant passés par un marché public national. Les PME régionales n'ont ni la taille requise, ni le réseau de distribution sur tout le territoire pour répondre à ces marchés et les voient leur échapper progressivement», remarque Gérard Cerruti, président de l'UPV. Les risques d'une telle politique - augmentation du chômage, disparition de PME, retour des monopoles - entrepreneurs et fédérations professionnelles les ont déjà exposés aux pouvoirs publics... Mais, «le pire c'est qu'ils ont la certitude de bien faire», constate Jacques Rouard. Alors, le combat continue. Les élus locaux sont mobilisés, les fédérations alertées et les entreprises sensibilisées. «Nous devons poursuivre. Si nous sommes suffisamment réactifs, nous pouvons enrayer le problème et sauver des entreprises».
Face à la massification des achats de l'État, les organisations patronales varoises se mobilisent. Elles ont créé une commission de la commande publique pour sensibiliser le plus grand nombre.