«Nos investissements pour l'avenir? Tout est suspendu!» Le président de la communauté d'agglomération du Sicoval, François-Régis Valette, ne décolère pas. En cause, les incertitudes qui planent sur les finances locales et qui l'ont obligé à reporter le débat d'orientation budgétaire en février et le vote du budget en mars 2010. «L'aménagement et l'entretien des parcs d'activité, la création de nouveaux hôtels d'entreprises, etc.: toutes ces actions en faveur du développement économique sont possibles grâce à une taxe professionnelle élevée et dynamique. À ce jour, l'État est incapable de nous fournir une simulation précise de ce que seront nos recettes futures.» En revanche, ce qui est sûr selon lui, c'est que les entreprises vont en pâtir: «En 2009 comme en 2008, les marchés publics passés par le Sicoval étaient de l'ordre de 35M€. Mais demain?» Même discours au Conseil général de Haute-Garonne, qui a lui aussi décidé de reporter la session de vote du budget primitif. Si nul ne sait mesurer quel sera l'impact réel de la réforme sur les finances des collectivités, il est certain qu'elle est source d'inquiétudes, y compris chez les entreprises. Car, pour beaucoup, la commande publique fait figure de valeur refuge en cette période de crise et une plus grande frilosité des collectivités pourrait se traduire par une perte de revenus non négligeable. Et ce, pas uniquement pour les grands groupes. Contrairement aux idées reçues, les PME- tous secteurs d'activité confondus- sont en effet les premières bénéficiaires de la commande publique. Bien avant la crise, nombre de dirigeants de petites structures ont compris l'intérêt de se positionner sur des appels d'offres, même de façon épisodique. Et pourtant, l'exercice n'est pas toujours facile: lourdeurs administratives, multiplicité des interlocuteurs et des sources de publication des appels d'offres, etc. Malgré tout, en modernisant la procédure de passation des marchés publics (par une dématérialisation croissante), l'État français affiche la volonté de simplifier l'accès des entreprises à la commande publique. Dans le contexte économique actuel, la possibilité de s'ouvrir quelques marchés auprès d'acheteurs publics mérite d'être étudiée...
Dénonçant l'incertitude qui plane sur leurs finances de demain, plusieurs collectivités territoriales ont annoncé le report du vote de leur budget 2010. Parmi elles, le Conseil général de Haute-Garonne, qui compte parmi les plus gros acheteurs publics en région. Si la commande publique devait diminuer en volume l'an prochain, quelles seraient les conséquences sur les entreprises? Peut-on toujours y voir une valeur refuge en temps de crise?
Dossier réalisé par Aline Gandy, Marie Lepesantet Gaël Morandeau