Collectivités : Quels budgets pour l'action économique?
# Investissement

Collectivités : Quels budgets pour l'action économique?

Alors que les budgets 2012 des collectivités ont été votés au 30mars, la part dédiée au développement économique est très variable de l'une à l'autre. Tour d'horizon.

Cette année budgétaire risque d'être compliquée pour les collectivités locales, là où les propositions bancaires se multipliaient. Fini le temps où les banques se précipitaient sur leurs appels à l'emprunt! Les lignes qui viennent d'être votées par nos élus, au 30mars pour les derniers, ne sont-elles finalement pas déjà caduques? Leurs ambitions en matière de développement économique risquent d'en prendre un coup. «Un budget voté n'est pas forcément un budget réalisé», prévient cet observateur au fait des finances publiques.




«Manque de liquidités» Les collectivités sollicitent, par exemple, de plus en plus la Caisse des Dépôts, ne trouvant pas de réponse bancaire à leurs financements. Dominique Mirada, son directeur en région, s'attend d'ailleurs à quelques mois compliqués: «Les collectivités vont encore manquer de liquidités cette année. Nous aurons des effets économiques sur la commande publique, mais pas immédiats», analyse-t-il. En bref, les collectivités vont peiner pour tenir leurs financements et vont devoir hiérarchiser leurs priorités. La donne a changé. Désormais, tout projet ne sera lancé que lorsque la collectivité sera sûre d'avoir bouclé son financement et les fonds débloqués. En attendant le déroulement de l'année, l'analyse de ces données chiffrées se révèle très intéressante. Notamment si on les compare d'une collectivité à l'autre... Ces indicateurs, difficiles à collecter malgré leur caractère public, permettent de mieux cerner qui consacre une large part à l'action économique et ceux pour qui, au contraire, elle n'est pas la priorité. Finalement, qui investit le plus dans l'économie locale?

Précisions Valérie-Marie Aubin-Vaillant, directrice régionale de Dexia Crédit Local, la banque des collectivités, conseille d'être «très prudent quant à l'interprétation des budgets primitifs». En cause: «de grandes fluctuations dans l'utilisation par les collectivité et sur les taux de réalisation». Il faut donc nuancer. Certaines collectivités inscrivent aussi dans ce budget les investissements liés aux voiries ou à l'entretien des parcs de leurs zones d'activités; d'autres non. D'autres encore y intègrent même la collecte des ordures ménagères. Les compétences retenues par l'une ne sont enfin pas forcément celles choisies par l'autre. À ce jeu, le conseil régional est d'ailleurs hors catégorie, puisqu'il porte l'action économique dans ses gènes. Les conseils généraux, eux, se consacrent davantage à l'action sociale qu'à l'action économique, même s'ils conservent un attachement à cette part. Le Département du Nord gère ainsi sa dizaine de ruches d'entreprises en toute autonomie. Dans le Pas-de-Calais, l'Aditec et ses pépinières sont les fers de lance de l'innovation pour les TPE-PME. Au final, certains y voient un manque de cohérence régionale.

G.B. et S.M.

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