Ironie du sort. Alors qu’en janvier 2016, Jean-Pierre Galvez, en sa qualité de président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Alpes-Maritimes, intégrait contraint et forcé l’institution régionale, onze mois plus tard, il en prenait les rênes. Un revirement ? « Plutôt une adaptation à un changement d’environnement législatif », corrige-t-il. Une histoire de statut aujourd’hui révolue tant l’échelon régional s’est depuis imposé. Et puis, c’est bien connu, il est plus aisé de changer les choses de l’intérieur que de l’extérieur, et cela, le président Galvez l’a bien compris.
Mettre la CMAR PACA au cœur du territoire
« Ma volonté est de mettre en œuvre une politique régionale qui place au cœur de l’activité du territoire la CMAR (Chambre de Métiers et d’Artisanat Régionale) PACA ». Un outil « extraordinaire », dixit le président, qui accompagne chaque année quelque 23.000 chefs d’entreprises et qu’il veut mettre à disposition de l’ensemble des acteurs économiques et institutionnels « pour aider et soutenir les entreprises artisanales face aux défis et à la nécessaire adaptation au monde qui nous entoure ». Transition énergétique et numérique oblige. Mais aussi vitalisation de pans entiers de territoire, en l’occurrence le haut et moyen pays, souvent déserté au profit du littoral.
Centre d’aide à la décision
Pour ce faire, Jean-Pierre Galvez entend s’appuyer sur les quatre piliers qui font de l’artisanat la première entreprise de France : le développement économique, la proximité, la solidarité et la formation. Avec, comme projet inaugural, la création d’un centre d’aide à la décision régionale pour permettre aux jeunes et moins jeunes, via les quinze antennes de formation continue et les sept campus URMA (Université régionale des métiers et de l’artisanat) de PACA, de trouver la filière qui leur correspond et les amène vers l’emploi.
Priorité à la proximité
« La CMAR et ses délégations territoriales ne sont pas que des chambres d’enregistrement. C’est un accompagnement tout au long de la vie de l’entreprise, c’est la possibilité d’intégrer des opérations collectives, de bénéficier de subventions, de profiter d’actions efficaces en termes de promotion de l’activité, de modernisation de l’outil de travail… » Et ce, grâce à un budget annuel de 70 M€, et la volonté - forte - d’aller chercher des fonds européens. Encore faut-il le faire savoir. D’où sa volonté d’aller prêcher cette bonne parole au plus près des entreprises artisanales en développant des bornes de visio-contact.
Encourager les métiers d’art
Enfin, il y a tous ces métiers d’art à mettre en avant et à préserver. Sujet cher à celui qui porte depuis déjà plusieurs années un projet d’Ecole des Métiers des Arts Créatifs sur la Métropole Nice Côte d’Azur. Comment ? En séparant le bon grain de l’ivraie d’abord, et ce en s’appuyant sur les labellisations, des maîtres-restaurateurs aux villes Métiers d’Art – une dizaine à ce jour en PACA – qui profitent aussi bien au tourisme qu’à l’export. Donc à l’activité et à l’attractivité du territoire. Et la boucle est bouclée.