En 1996, lorsque l’entreprise Mathez, alors implantée en Alsace, s’est installée en Maine-et-Loire, elle employait une dizaine de personnes et commercialisait ses truffes au chocolat à 90 % auprès de grandes surfaces en France, pour un chiffre d’affaires de moins d’environ 1,5 million d’euros. Trente ans plus tard, la société de Châteauneuf-sur-Sarthe emploie 75 personnes à plein temps et a renforcé ces deux dernières années son outil industriel. Ses produits sont consommés à plus de 80 % à l’international, en Asie, au Moyen-Orient et dans de nombreux pays d’Europe.
Près de 3 M€ d’investissement
En 2021, Le P.-D.G. de Mathez, Eric Fischer, a pris sa retraite et cédé l’entreprise à deux actionnaires belges, Marc Delsemme et Olivier de Macar. "Ils sont propriétaires d’une chocolaterie près de Charleroi et ont beaucoup investi depuis leur arrivée, indique Stéphanie Gautier, directrice générale de Mathez depuis juin 2024. Nous nous sommes dotés de nouvelles machines d’emballages en 2024 et nous disposons d’une quatrième ligne de production depuis l’été 2025. L’enveloppe globale s’est élevée à un peu moins de 3 millions d’euros."
Ces dernières années, Mathez a également agrandi son usine de 2 500 m2, parvenant désormais à une surface totale de 7 000 m2 de bâtiments, dans lesquels l’entreprise produit chaque année un peu moins de 3 000 tonnes de truffes de cacao. "On compte trois grands faiseurs en France mais nous sommes les seuls à ne fabriquer que des truffes", précise Stéphanie Gautier.
Une trentaine de recettes
Tous les produits sont conçus par l’entreprise, qui ne transforme pas le cacao mais fait appel à un fabricant, qui lui fournit une pâte à truffe qu’il a lui-même élaborée. Par extrusion, Mathez fabrique ensuite une trentaine de recettes différentes de truffes, en incluant à la pâte de cacao des arômes et des produits naturels avec au moins une nouveauté tous les ans, qui va s’adapter aux différents marchés. "Cette année, nous avons par exemple produit une truffe au thé matcha, poursuit la dirigeante, qui est très appréciée en Asie. Nous avons également une truffe au réglisse, qui plaît beaucoup en Europe du Nord."
L’Asie est l’un des importants marchés de Mathez, qui a résolument choisi l’export pour se développer, passant en 20 ans de 3 millions d’euros à 22 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont plus de 80 % à l’international.
Pour cela, l’entreprise angevine travaille avec des distributeurs et des importateurs, et cible des salons internationaux pour continuer de prospecter. En 2026, elle sera ainsi présente dans 8 événements internationaux, aux États-Unis, au Japon, en Allemagne ou encore en Thaïlande. "Nous avons aussi abordé le marché américain il y a moins de 5 ans avec des importateurs, ajoute Stéphanie Gautier. Nous sommes par exemple présents auprès d’une compagnie aérienne qui propose nos produits aux passagers durant les vols et nous avons de très bons retours. L’objectif est nous y renforcer et de fidéliser nos clients dans les pays où nous sommes déjà bien ancrés. Nous envisageons aussi de nous déployer en Australie, mais nous nous heurtons, comme sur d’autres continents, à des problématiques de température, ce qui reste notre ennemi numéro 1."
Marques de distributeurs
Parallèlement, Mathez souhaite aussi se renforcer sur le marché français, toujours en nette évolution pour l’entreprise angevine. Si elle a quitté il y a une vingtaine d’années le circuit des grandes surfaces, l’entreprise fabrique aussi des truffes en marque de distributeurs, pour environ 30 %, à destination de clients français ou étrangers. "Cela n’entre pas en concurrence avec ce que nous fabriquons sous notre marque, précise Stéphanie Gautier. En France, nous avons un positionnement plutôt prémium, dans des épiceries spécialisées ou de quartier, des jardineries ou encore des duty free d’aéroports. Il y a donc encore des parts de marché à gagner, comme auprès des professionnels de la restauration ou dans les enseignes sur les aires d’autoroute."
Une grande variété d’emballages
Pour gagner ces parts de marché, Mathez mise sur des nouveautés régulières s’adaptant à la demande, de même que sur ses différentes recettes et conditionnements. Ces derniers sont conçus avec l’appui d’une agence angevine, Creative Corner, comme tous les outils de communication et de marketing de l’entreprise. "Nous proposons une grande variété d’emballages qui peuvent être classiques ou décalés, explique Stéphanie Gautier, dans différentes matières, comme le carton ou le métal. Ils sont de plus en plus souvent recyclés et recyclables et les emballages en carton sont fabriqués en France. Les emballages en métal sont confectionnés en Europe."
Actuellement, l’entreprise Mathez emploie 75 salariés toute l’année dans son usine de Châteauneuf-sur-Sarthe, et devrait se renforcer d’au moins 5 collaborateurs en 2026. S’y ajoutent plus de 120 personnes à la période la plus forte de l’année, la production s’étalant majoritairement du début de fin mars à mi-novembre, pour un pic des ventes à la période des fêtes de fin d’année, principalement en ce qui concerne le marché français. "À l’étranger surtout, indique la dirigeante, nous avons su désacraliser l’instant de la truffe et elle est consommée maintenant en toute saison. Nous parvenons ainsi de plus en plus à lisser notre production. Auparavant, elle était à l’arrêt pendant deux mois en début d’année."