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Chez Thiriez Literie, l’actionnariat salarié rencontre un joli succès
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Chez Thiriez Literie, l’actionnariat salarié rencontre un joli succès

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Chez le fabricant de matelas nordiste Thiriez Literie, le partage de la valeur passe depuis 2022 par l’actionnariat salarié. Pas simple à mettre en place, cette mesure a depuis été complétée par d’autres, en faveur de l’engagement et du pouvoir d’achat des salariés, comme l’instauration d’une prime d’intéressement.

L’entreprise Thiriez Literie, qui emploie une centaine de collaborateurs, a ouvert son capital à ses salariés en 2022 — Photo : M.B.

Initiée en 2019, la mise en place d’un actionnariat salarié chez Thiriez Literie, PME wattrelosienne d’une centaine de salariés (24 M€ de CA 2022), s’est concrétisée en 2022. Il faut dire que le projet porté par Geoffrey Thiriez, qui a repris l’entreprise familiale en 2015, n’a pas été simple à faire aboutir. "L’unité est le premier objectif inscrit dans mon plan stratégique pour 2027, présenté en 2019 à mon conseil de surveillance. Et pour moi, cela passe par l’entrée au capital de l’entreprise des salariés volontaires, pour partager la valeur, mais aussi, les risques. C’est une vision très personnelle, qui n’a d’ailleurs pas immédiatement convaincu les autres actionnaires. Ils ont pu avoir des réticences, concernant l’intérêt de la démarche, ou le risque de dilution du capital. Nous avons mis au point un montage sur-mesure, qui rassure tout le monde", décrit Geoffrey Thiriez.

Céder ses propres parts

C’est donc une partie de ses propres parts que le dirigeant, actionnaire majoritaire de l’entreprise, propose à ses salariés. "Posséder 68 % ou 63 % d’une entreprise qui va bien, ça ne change pas grand-chose finalement", balaye-t-il. Après l’ouverture en juillet dernier, 22 salariés de tous niveaux, sur 93 éligibles, ont sauté le pas et acheté chacun, en moyenne, une cinquantaine d’actions, qu’ils doivent revendre s’ils quittent l’entreprise. "Pour une première année, je trouve ça très bien ! Il n’y aura jamais 100 % de salariés actionnaires, mais nous aurons peut-être de nouveaux candidats en juillet prochain", pointe Geoffrey Thiriez. Une fois par an en effet, s’ouvre la Bourse interne à la PME, permettant les transactions et le versement des dividendes.

"Nous en versons chaque année, selon nos résultats : 50 % du résultat net est partagé entre les actionnaires. Nous estimons le rendement à 5 à 6 % pour les salariés, sans garantie bien entendu, mais en 32 ans d’existence, nous avons versé 31 fois des dividendes. Mais pour moi, la démarche va au-delà du placement financier. C’est permettre aux salariés de se dire "je bosse aussi pour moi", et de casser le clivage entre les employés et le patron qui s’en met forcément plein les poches. Le salarié actionnaire a aussi accès à des informations différentes sur le développement et la stratégie de l’entreprise. Me concernant, ça me donne aussi une responsabilité différente vis-à-vis d’eux."

Prime "Macron" et intéressement

Chez Thiriez, le partage de la valeur va plus loin. Outre l’actionnariat, les salariés de Thiriez Literie ont ainsi vu leurs salaires revalorisés cet automne, et ont touché en deux fois la "prime Macron" en 2022, pour un total de 700 euros. Surtout, depuis octobre, de l’intéressement a été mis en place, conditionné non pas à des critères financiers mais aux performances sur quatre "piliers" : la productivité, les délais de livraison, le nombre d’accidents du travail et le SAV des clients. La prime est estimée à environ 1 000 euros net par an et par salarié. "On m’a dit que c’était imprudent de ne pas lier l’intéressement aux résultats de l’entreprise. Mais sauf accident, si ces quatre voyants sont au vert, c’est que la situation est bonne. Nous n’avons pas pu jouer que sur les salaires, mais tout confondu, nous estimons à 8 % la hausse de pouvoir d’achat pour nos salariés cette année, c’était important vu l’inflation. Et cela joue aussi sur notre attractivité, bien entendu, mais nous avons malgré tout beaucoup de mal à recruter !", s’amuse Geoffroy Thiriez.

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