Champ libre : La carte postale numérique de Barack Obama
# Commerce # International

Champ libre : La carte postale numérique de Barack Obama

Distribuée à 5.000 exemplaires le jour de l'investiture de Barack Obama, la D-Carte made in Finistère s'attaque au marché américain. Les ventes du produit triplent chaque année. En 2009, elles pourraient atteindre le million d'exemplaires. Le tout pour une simple SARL de Plozévet...

Claude Maidemberg n'en est pas à son coup d'essai. Mais sa dernière création pourrait bien être un coup de maître. L'ancien web designer est en effet sous le feu des projecteurs depuis le 20janvier dernier. Ce jour-là, 2millions de personnes assistent à Washington à l'investiture de Barack Obama. Au milieu des casquettes et autres tee-shirts à l'effigie du 44e président des États-Unis, son invention: la D-Carte. Créée en 2005 à Plozévet dans le Sud-Finistère, cette carte postale numérique pèse 20 grammes, inclut un mini-DVD et s'affranchit au tarif normal. Pour l'événement, le produit retraçait en vidéo et en photos le parcours de Barack Obama jusqu'à la Maison Blanche. À 8,95dollars l'unité, 5.000 exemplaires se sont écoulés en trois jours. De quoi faciliter, à l'avenir, les relations avec les distributeurs américains... D'ailleurs, Claude Maidemberg, qui vient de créer une société aux USA, a déjà passé des accords avec Barnes & Noble afin de distribuer une nouvelle D-Carte dans 3.000 points de vente du groupe. Au pays des success stories, l'innovation est perçue comme la poule aux oeufs d'or: 7milliards de cartes postales (7,5 Mds de dollars) sont échangées chaque année outre-Atlantique (500.000 en France)! «Si je pouvais prendre ne serait qu'un pour cent du marché...», sourit Claude Maidemberg, qui aimerait écouler, à terme, un million de D-Cartes américaines.




CA triplé chaque année

Aujourd'hui, le succès a dépassé les intentions originelles, celles de «trouver un revenu récurrent en les vendant dans des bars tabac.» En 2007, La Poste a été la première à commercialiser le produit. Depuis, la D-Carte s'exporte dans une quinzaine de pays, sous 200 modèles différents (cartes de voeux, musées, paysage, artistes, événements, entreprises,etc.). 70% de la production concernent le tourisme. Mais des groupes comme L'Oréal, Carrefour, RTL, Hertz, Bouygues Telecom se sont aussi saisis de l'objet comme support de communication. En trois ans, l'engouement a été tel que le centre d'aide par le travail (CAT) de Landudec a fabriqué 400.000 unités. L'objectif est d'atteindre le million d'exemplaires en 2009 pour un chiffre d'affaires légèrement supérieur. Pour cela, une partie de la production va être réalisée en Chine.




Un holding dans 18 mois?

Derrière le projet, la SARL de Claude Maidemberg. Champ Libre (2 salariés) créé, produit et édite la D-Carte. Les contenus sont sous-traités à des boîtes de production bretonnes. Tous les distributeurs étrangers sont eux indépendants. Du coup, avec un produit offrant des marges réduites, l'autofinancement de Claude Maidemberg est limité. «Depuis le début, je ne fais que réinvestir. L'idée, c'est de créer un holding d'ici 18 mois avec les distributeurs. Ils ont donné leur accord. Mais avec une levée de fonds conséquente, tout irait beaucoup plus vite commercialement.»

# Commerce # International