Quels sont vos objectifs en tant que nouveau président du Synafel?
Je ne m'en cache pas. Cette position confère très certainement une meilleure visibilité à ma société. Toutefois, ces nouvelles responsabilités m'occupent environ une journée par semaine. Et j'ai la ferme intention de poursuivre l'essor grandissant du syndicat. On compte environ 1.300 sociétés dans l'enseigne commerciale et la signalétique en France. Elles ne comptent en moyenne que 4 salariés. Nous parlons ici de TPE, avec les difficultés que cela suppose. Notre organisation a pour but de renforcer notre profession, de la rendre plus cohérente et plus accessible. Le Synafel a son propre centre de formation et son propre label de qualité, Qualif'enseignes. Il s'agit de poursuivre cette politique en développant le nombre de nos adhérents et en les orientant davantage vers la nécessité du développement durable. L'objectif c'est d'aller à l'interdiction des enseignes énergivores.
N'est-ce pas ce choix du développement durable qui a guidé l'adoption de la loi sur la taxe locale sur la publicité extérieure, le 4août 2008? Les enseignes représentent seulement 7% du territoire français et leur consommation d'électricité correspond à 1/1.000e de l'éclairage public. Sous prétexte de limiter la pollution visuelle dans les villes, la taxe locale sur les publicités extérieures (TLPE) sert avant tout à compenser la suppression de la taxe professionnelle. Chaque collectivité peut l'appliquer ou non avec un tarif prédéfini au m² en fonction de la densité de sa population. Un tarif auquel s'appliquent des multiplicateurs pour les enseignes supérieures à 12m². Autant dire que les entreprises y regardent à deux fois avant de faire appel à nos services. Un garage pourrait être taxé jusqu'à 15.000 € par an, un centre commercial 100.000€. En somme, la taxe leur coûtera plus cher que l'enseigne à proprement dit.
Comment comptez-vous faire exactement pour mettre en avant vos intérêts?
La TLPE est une véritable aberration qui met en danger tout un secteur. Son application à la lettre peut menacer directement jusqu'à 50% des 12.000 emplois que compte notre profession. Aujourd'hui, ce sont 5.000 villes qui appliquent la taxe en France. On trouve parmi elles, Lens, Béthune ou Berck-sur-Mer et, si nous ne faisons rien, la liste devrait s'allonger selon toute vraisemblance. Nos exigences sont simples. Pour éviter de trop fortes disparités entre les municipalités, chacune d'entre elles aurait intérêt à adopter toutes les possibilités de minorations et d'exonérations prévues par la loi. Les établissements sont taxés dès 7m² d'enseigne, il faudrait relever ce seuil à 12m². Il faudrait également une réduction de 50% de la taxe pour les enseignes allant de 12 à 20m².