Basé à Beaucouzé, près d’Angers, Certix Group vient de reprendre une partie du bureau d’études Reorev Ingénierie. Cette société d’Indre-et-Loire avait été placée en redressement judiciaire en août 2024. C’est une équipe de 31 ingénieurs qui va permettre au groupe angevin récemment constitué de poursuivre sa montée en puissance.
Maîtrise de la chaîne de valeur de la mécanique de précision
L’opération permet à Certix Group de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur, de la conception à l’intégration finale de solutions clés en main en mécanique de précision. Sa technologie s’étend de la préparation de pièces d’usinage à la fabrication de sous-ensembles complexes avec ou sans câblage ; pour des équipements médicaux ou des systèmes de pressurisation par exemple.
Certix Group est né en 2024 de la fusion de trois PME Commeca près d’Angers, AAS Industries près de Saumur et Fleury GF dans les Yvelines.
Un groupe de 200 salariés
"En six mois, nous sommes passés de plusieurs entités réalisant chacune entre 1,5 million et 6 millions d’euros de chiffre d’affaires, à un groupe de plus de 200 personnes qui, en consolidé, représente plus de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires", expose David Lecomte, co-directeur général de Certix Group avec Sébastien Roussel. Sans vouloir les préciser en chiffres, "nos objectifs sont relativement ambitieux", poursuit le dirigeant. "Le but est de créer une ETI, en commençant par de la croissance organique."
Une présence militaire
L’acquisition de Reorev Ingénierie est le premier acte concret depuis l’entrée au capital de Certix Group, en octobre 2024, de deux grands acteurs institutionnels français : le premier souhaite rester discret, le second est le fonds Definvest du ministère des Armées, géré par Bpifrance. Ce fonds, doté de 100 millions d’euros apportés par la Direction générale des Armées (DGA), vise à prendre des participations dans des PME stratégiques afin de garantir la pérennité des approvisionnements du secteur de la Défense. La répartition du capital de Certix Group à l’issue de cette opération n’est pas précisée.
Menace russe, retrait des États-Unis de l’Otan, autonomie de défense de l’Europe : "L’évolution du contexte conduit notre industrie de défense à devoir se renforcer en matière d’automatisation des procédés industriels", précise l’ingénieur général de l’Armement Olivier Lecointe, chef du service des orientations industrielles de la direction de l’industrie de la Défense de la DGA.
Le potentiel du nucléaire
Certix Group réalise entre 70 % et 75 % de son activité pour le secteur de la Défense. Le contexte international devrait décupler les commandes. Un autre secteur devrait, proportionnellement, générer la hausse la plus forte d’activité : le nucléaire. "Avec l’intégration de Reorev Ingénierie, qui avait déjà des clients dans le nucléaire, nous sommes désormais capables de créer des outillages et des équipements complets. Nous pourrons aussi répondre aux besoins importants de maintenance", explique David Lecomte. L’aérospatial participera également à cette croissance.
Des services intégrés ou facturés
Avec son nouveau bureau d’études, dont les activités seront déployées sous le nom Certix Engineering, le groupe angevin va aussi pouvoir conseiller d’autres industriels. Reorev "opérait jusqu’ici à 95 % pour des clients extérieurs. Nous continuerons de la faire, même si l’objectif est surtout d’intégrer ces nouvelles compétences à nos propres besoins, indique David Lecomte. Dans un second temps, d’ici cinq ans, nous serons aussi capables de proposer des outils en propre." Certix Group travaillant aujourd’hui principalement en sous-traitance industrielle.
Conserver les sites
Structurer un groupe ne signifie pas pour autant regrouper les différents sites. "La mobilité reste un frein. Nous y perdrions de nombreuses compétences. Les techniciens ne veulent pas travailler, pour la plupart, à plus de 30 kilomètres d’où ils habitent", observe le co-directeur général.
Certix Group possède un site d’usinage et de montage de pièces à Beaucouzé, une usine de pièces très techniques et de montage de sous-ensembles électroniques à Chacé, dans le Saumurois, une usine de pièces de grande dimension, de forage et rodage à Buc, dans les Yvelines, un autre site de production en Tunisie, et son nouveau bureau d’études, qui réalise également des assemblages, près d’Amboise en Indre-et-Loire.