Le groupe toulousain Spherea (850 collaborateurs, CA 2024 : 134 M€), spécialiste des bancs de tests électroniques dans l’aéronautique et la Défense (80 % de son activité) mais aussi dans l’énergie et le ferroviaire (20 %), a conclu à la mi-juillet 2025 l’acquisition de Konrad Technologies US, filiale américaine du groupe allemand Konrad. La nouvelle entité, basée à Farmington Hills (Michigan), près de Détroit, et au sein de laquelle évolue une cinquantaine d’ingénieurs, est renommée Spherea US.
Nouvelles commandes
"Cette acquisition tient toutes ses promesses, se félicite Patrice Bélie, le P.-D.G. de Spherea, en fonction depuis juillet 2024, parce qu'elle nous présente comme un acteur local du marché américain. Nous avions besoin de renforcer notre dispositif d'ingénierie et de production aux États-Unis." Le groupe toulousain va désormais pouvoir développer des solutions, non pas exportées depuis la France, mais développées sur place spécifiquement pour le marché américain, au plus près des besoins de ses clients. "Cette proximité renforce notre crédibilité auprès de nos clients historiques américains dans l'aéronautique, indique le dirigeant. Nous en tirons déjà des bénéfices en enregistrant de nouvelles commandes, auprès d'Acron Aviation par exemple, avec lequel nous avions conclu un partenariat au printemps dernier. Nous entrons également de nouvelles commandes dans le domaine de la défense américaine."
Devenir un groupe multilocal
Il s’agit de la première opération de croissance externe réalisée à l’étranger par l’ETI occitane, spin-off d’Airbus en 2014, et déjà présente dans six pays (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Inde, Royaume Uni). Cette acquisition constitue aussi une étape clé pour Spherea, majoritairement détenu par les fonds d’investissement Andera MidCap et idiCo. "Mon ambition est que nous devenions un groupe multilocal, capable d’exécuter au-delà de barrières d’ordre douanières ou commerciales, précise Patrice Bélie. Nous voulons donc croître à l’international, et éventuellement mettre les bouchées doubles en procédant à quelques acquisitions." Les intégrateurs de solutions de tests sont très fragmentés à l’échelle mondiale et de nombreuses petites et moyennes sociétés sont des cibles d’acquisition pour Spherea. "Nous nous voyons clairement comme une plateforme de consolidation du secteur", appuie-t-il.
Drones et centrales nucléaires
Positionnée sur des marchés fondamentaux très porteurs, Spherea va enregistrer en 2025, comme l’année dernière, "une croissance organique à deux chiffres dans tous les secteurs", confie son P.-D.G. Pour la soutenir, une centaine de recrutements sont prévus cette année. Le groupe va par ailleurs ouvrir de nouveaux parcours de carrière à l’international. "Nos deux enjeux principaux consistent, d’une part, à s’assurer que nous faisons nous-même la croissance nécessaire pour répondre à la demande de nos clients, et, d’autre part, de répondre à la demande sur les marchés qui s’ouvrent, situe Patrice Bélie. Notre activité historique autour des aéronefs nous donne ainsi par exemple une crédibilité sur les drones, dans le civil comme dans le militaire." Spherea travaille aussi de plus en plus sur la prolongation de vie sur des équipements, dans des centrales nucléaires par exemple, ou dans le matériel roulant pour le ferroviaire. Le groupe veut se faire connaître, fort de sa légitimité acquise dans l’aéro défense, sur ces nouveaux segments d’activité et aussi dans d’autres géographies.