Centres de décisions locaux, parisiens, ou à l'étranger... : qui contrôle l'emploi dans les régions ?
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Centres de décisions locaux, parisiens, ou à l'étranger... : qui contrôle l'emploi dans les régions ?

Qui contrôle vraiment l’emploi dans les régions ? Alors que la Corse et l’Île-de-France pilotent localement plus de 75 % de leurs emplois, d’autres territoires, comme le Centre-Val-de-Loire, dépendent pour moitié de centres de décision extérieurs. Une fracture qui interroge la souveraineté économique des territoires.

21 % des emplois de province dépendent d’un centre de décision basé en Île-de-France — Photo : HJBC

86 % des emplois corses dépendent d’un centre de décision régional, contre seulement 48 % en Centre-Val de Loire. Cette disparité, révélée par une étude de l’Insee, dessine une France disparate, où certaines régions conservent une forte autonomie dans la gestion de leurs emplois, tandis que d’autres restent sous l’influence de centres de décision extérieurs.

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La Corse, reine de l’autonomie

Avec 86 % de ses emplois salariés pilotés localement, la Corse se distingue donc comme la région la plus autonome de France. Un résultat qui s’explique par son éloignement géographique, mais aussi par une économie touristique et des PME ancrées sur son territoire. Cœur décisionnel du pays, l’Île-de-France arrive en deuxième position (76 %).

À l’inverse, des régions comme le Centre-Val-de-Loire (48 %), la Normandie (52 %) ou encore la Bourgogne-Franche-Comté (54 %) affichent une dépendance plus marquée à des décisions prises hors de leurs frontières.

21 % des emplois de province dépendent de la région parisienne

Héritage de la centralisation, ces décisions sont principalement prises en région parisienne : 21 % des emplois de province dépendent ainsi d’une entreprise basée en Île-de-France, indique une autre étude de l’Insee publiée en février 2025. Les régions Centre-Val-de-Loire (27 % des emplois), Normandie (25 %) et Hauts-de-France (22 %) sont celles qui sont le plus sous l’influence de la capitale.

La proximité géographique peut être une explication, tout comme la structure économique des territoires : 62 % des employés des grandes entreprises travaillant en province exercent dans un établissement dont le centre de décision est francilien. Cette proportion retombe à 19 % pour les ETI et à 3 % pour les PME.

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Les centres de décision peuvent aussi être basés dans d’autres régions françaises, voire en dehors des frontières hexagonales : 13 % des effectifs marchands en France sont ainsi contrôlés par des firmes étrangères, selon des chiffres de 2022. La part des emplois régionaux sous influence étrangère monte à 19 % dans le Grand Est et à 16 % en Île-de-France ainsi que dans les Hauts-de-France.

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Parmi les entreprises sous contrôle étranger, celles des États-Unis emploient le plus de personnes en France (504 000), devant l’Allemagne (347 000) et la Suisse (268 000).

Attractivité versus souveraineté

La présence d’entreprises extérieures au territoire constitue à la fois un atout et une fragilité. Elle reste un marqueur de l’attractivité de la région et de sa capacité à attirer les investisseurs pour renforcer son économie. Mais les régions les moins autonomes doivent aussi se poser la question de leur souveraineté économique. Sans levier de décision local, elles restent vulnérables à des choix stratégiques pris ailleurs.

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