L’avenir s’éclaircit doucement pour Casino (Plus 25 500 salariés, 8,5 Md€ de CA consolidé en 2024). Dix-huit mois après sa restructuration financière et sa reprise en main par le consortium composé des milliardaires Daniel Kretinsky (via EP Equity Investment) et Marc Ladreit de Lacharrière (via Fimalac), adossés au fonds britannique Attestor, le distributeur stéphanois semble amorcer son retour à la croissance.
Des résultats encourageants
Recentré sur les magasins de proximité, le groupe de distribution a fait état, d’une hausse, à périmètre comparable, de 0,5 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre 2025. Une progression qui vient conforter le retour à la croissance constatée au deuxième trimestre (+ 2,4 %). L’EBITDA ajusté du groupe s’établit, lui, à 456 millions d’euros (+ 13,2 %) sur les 9 premiers mois de l’année, portant le taux de marge à 7,5 %. Casino qui a "satisfait son premier test de solvabilité" affiche, in fine, "une position de liquidité s’élevant à 1,22 milliard d’euros au 30 septembre 2025". Le groupe a par ailleurs confirmé son objectif de retour à l’équilibre en 2026.
"Nos résultats encourageants sur les neuf premiers mois de 2025 valident la pertinence du Plan Renouveau. C’est pourquoi nous décidons de l’étendre à 2030, dans la continuité des axes stratégiques et des objectifs que nous avions fixés fin 2024", commente dans un communiqué le directeur général Philippe Palazzi.
Le plan "Renouveau" prolongé de deux ans
En prolongeant de deux ans son plan "Renouveau" (initialement programmé à horizon 2028), Casino entend se donner le temps de moderniser ses magasins et déployer ses nouveaux concepts. Le distributeur a par exemple prévu de rénover 100 % du parc de ses magasins Monoprix à horizon 2030, de déployer ses nouveaux concepts Casino et Spar dans 300 magasins avec l’ouverture de plus de 210 nouveaux magasins ou encore d’élargir le déploiement de son nouveau concept de magasin Franprix baptisé "Oxygène" à 800 magasins d’ici 2030 (soit 85 % du parc) avec l’ouverture de 200 nouveaux points de vente.
L’ensemble des magasins Petit Casino, Casino Shop et Casino passeront sous la seule marque Casino, spécialisée sur les zones urbaines.
"Pour le plan d’assainissement du parc, le plus gros est derrière nous. Depuis notre arrivée en 2023, 1 600 magasins sont sortis du parc, hors hyper et supermarchés. Nous allons repartir sur des ouvertures et de la rénovation. Je favorise la rentabilité. Être au bon endroit, avec la bonne marque, les bons franchisés et les bons concepts", détaille Philippe Palazzi.
Kretinsky prêt à remettre au pot ?
En appui de l’exécution de son plan stratégique et compte tenu de la maturité de sa dette (1,4 Md€ à solder en mars 2027), Casino a annoncé "le lancement de travaux en vue de l’adaptation et du renforcement de sa structure financière". En clair, le distributeur stéphanois entend restructurer sa dette en renégociant avec ses créanciers, dix-huit mois seulement après avoir réussi à réduire la dette nette de 6,2 milliards d’euros fin 2023 à 1,6 milliard d’euros en mars 2024. Pour superviser ces travaux et mener à bien ces négociations, le conseil d’administration de Casino a mis en place un comité ad hoc composé majoritairement d’administrateurs indépendants et des membres du comité d’audit.
Jeudi 29 octobre, Casino avait démenti l’information selon laquelle Daniel Kretinsky aurait réinjecté 500 millions d’euros dans les comptes du distributeur pour faciliter une restructuration de sa dette. Le groupe n’a en revanche pas démenti l’article de la Lettre qui annonçait que le milliardaire tchèque s’apprêtait à réinjecter 500 millions d’euros pour convaincre ses créanciers d’effacer 500 millions d’euros de dette.