Cartographie des données : Une étape incontournable

Cartographie des données : Une étape incontournable

Méfiez-vous du tout sécuritaire! Pour sécuriser vos données au meilleur prix, il faut adopter une démarche pragmatique en identifiant les priorités et leur allouer un budget adapté.

Face à la multitude de facteurs pouvant déboucher sur une perte ou un vol de données, les chefs d'entreprise pourraient être tentés de céder à la ?fausse bonne idée? de transformer leurs systèmes d'informations en véritable Fort Knox dont chaque octet serait systématiquement sécurisé, sauvegardé et archivé. «Le 100% sécuritaire n'est pas digeste économiquement pour une entreprise. D'une part parce qu'un tel chantier coûte très cher, mais aussi parce qu'il nécessite un temps d'intégration», coupe d'emblée Éric Rousseau, le P-dg de VeePee, société parisienne spécialisée dans les services IP. Et ce dernier de préconiser une sécurité partant du «bas» (la sécurisation du réseau informatique et télécom grâce aux classiques pare-feu et antivirus) avant d'aller vers le «haut» (projets, données administratives, commerciales,etc.). En la matière, une cartographie s'impose alors pour savoir ce qui doit être protégé en priorité, et avec quel niveau de protection. «Une menuiserie qui perd des devis envoyés l'an passé n'est pas mise en péril. Au pire, cela peut éventuellement mécontenter un client. En revanche, perdre tout son carnet de commandes ou sa comptabilité pose des problèmes d'ordre vital», illustre Éric Heddeland, directeur pour l'Europe du Sud de Bakbone, éditeur de logiciels spécialisé dans la sauvegarde de données. Ce travail de cartographie permet de localiser souvent ce que les spécialistes appellent des ?Spof? (pour single point of failure). Il s'agit de maillons faibles dont l'indisponibilité, l'attaque ou la dégradation peuvent déstabiliser tout le bon fonctionnement de l'entreprise.




Savoir quoi sauver et quand le sauvegarder

Avant de lancer, ou de refondre, votre système de sécurisation, une étape d'expression des besoins est donc nécessaire. «Ce processus est facile à mener, les dirigeants ayant désormais de bonnes visions de l'implication de l'informatique dans leur entreprise. Pour une PME de 100 à 200 personnes, une journée doit permettre de faire le tour du sujet», estime Éric Rousseau. En sachant quelles données protéger, ce travail doit également déterminer quelle sera leur fréquence de sauvegarde et d'archivage, afin d'en assurer la restitution en cas de pertes de données. «Selon son métier, une entreprise a des besoins différents. Certaines données doivent être archivées quotidiennement pour permettre le redémarrage des activités après une perte ou un vol de données. D'autres informations nécessitent des sauvegardes sur de plus longues périodes. C'est alors qu'on rentre dans une proposition technique plus ou moins compliquée, durant laquelle discutent le client et son prestataire», indique Éric Heddeland. C'est dans ces discussions que la cartographie paiera, en aidant l'entrepreneur à trouver la solution la plus adaptée, et donc au prix le plus juste.